17/05/2010

MICHELINE

 

La micheline suivait son petit bonhomme de chemin, quand, les yeux dans le vide autour de moi,  je priai le dieu des coups de foudre ferroviaires. Non pour dérailler davantage dans la morfonte des glaces d'une vie polaire comme un ours, mais pour trouver ma parallèle, et les chemins étincelants des traverses qui nous relieraient.

J'avais la tête dans les nues, mon imaginaire en hyperventilation déshabillait des elfes improbables.
Soudain, une voix grave et sèche me trompa de ma rêverie: "Ticket SVP". D'un geste mécanique, j'extirpai de mon portefeuilles d'automne un aller simple pour Arlon, ville terne aux fruits secs de la passion , ville monosaisonnière et sans bourgeons de coquelicoquines en perspective .
Le contrôleur me lança: "Vous êtes en première, monsieur. Veuillez changer de compartiment.."!

 Impassible, je m'exécutai pour me retrouver moins peinard au milieu de pochtrons semi-comateux, et de gratte-papelards pouilleux de la gueule par déformation professionnelle. Pour couronner le trou, une voix dans les suraigus me souleva la tonsure en auréole de saint martyr : assise avec des écouteurs aux pavillons, une écervelée en quarantaine imitait tant laid que mal je ne sais quelle greluche des seventies ringardes: Michèle Torr, Mireille Mathieu, Dalida, Sheila, Vartan, Patrick Juvet...allez savoir: elle n'avait pas l'absolution du dieu Pan. A bout de nerfs, je me levai d'un bond, lui secouai les branchies et lui chiantai à tue-tête "Les Petits Boudins" de Gainsbourg, dans l'espoir que de sirène ratée, elle se mue en carpe et la ferme. Mais voilà qu'elle se mit à hurler comme une truie SM sous le fouette-groin, ce qui alerta le chef de gare pourtant aux prises avec une black au mascara musqué. Allait-il me passer un savon, m'infliger une amende verte de colère, ou me virer à coups de pompes au croupion? Je m'attendais à tout, prêt à la contre-attaque.

C'est alors que je reconnus mon vieil ami Georges, ancien co-choriste à "Frites en Portées", ou plutôt cocoricoriste égaré, car il était vantard, menteur et français, et moi pas à un pléonasme près. Ce pisse-vinasse aux oreilles et à la verge en vénérables choux-fleurs, se targuait d'avoir redressé Michèle et ses torts, arraché la perruque à Mireille qui n'avait en réalité plus qu'un cheveu sur la tête à Mathieu, lors d'un festival kitsch où, ivre de folie comme toute l'Allemagne envahissant la Pologne, il était monté nu sur scène en singeant un babouin rocker sous ecstasy. Georges, qui vouait aux gémonies les guimièvreries franchouillardes, parvint à calmer l'homosapiensoïde femelle en plongeant un regard pro-metteur dans son décolleté.

Je rangeai le colt assassin du mien, pour me retrouver au terminus les nerfs dépelotés, mais seul comme une semaine de six jours, comme un Robinson sans son Vendredi.

 

 

edouard_divers22

 

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BARBU NOUVEAU-NE

 

       I

 

velvetunder

 

 

Je suis le barbu nouveau-né,

Fruit défendu de tes entrailles...

Entre I and you l'amour malgré

Que mon tailleur est sur la paille.

 

Loin des bourges on file à l'anglaise,

Et pas pour Venise ou Le Caire...

Qu'il me fait bon goûter la fraise

En ton sous-bois sans urticaire.

 

Tu me chiqui-tâtes, je sépare

Des peaux lisses en ondes de choc;

Ta pêche aux défaillances rares

Est régal et ton coeur mastoc.

 

Les pommettes aussi je savoure,

Tel un Newton après la chute;

J'ai découvert enfin ce pour-

quoi l'on s'attire et sans lutte,

 

Sans chataîgne verbale ou non...

Ta pulpe d'âme est mon salut;

Chercher noise ailleurs à quoi bon?

Sous ta pelure un coup de jus...

 

Mes doigts de gaffeur à la pelle

Ont le pouvoir d'électriser

Ce cul trop gnonmi, tes prunelles

De chatte inversent mes pensées.

 

 

 

                                   II

 

Tel un silence après le "chut ",

On s'impose au laid milieu

Des coeurs ambitieux qui chahutent,

Notre silence est plus fort qu'eux...

 

Ou tel Guillaume avec son arc,

On se fend la pomme à tous vents;

Qu'il fait doux te mener en barque

Au clair de lune hallucinant

 

De nos soirées transcoïtales,

Blabla bidon tu te bidonnes,

Et puis sur les coussins t'affales...

A mi-parcours nos coeurs bourgeonnent.

 

La vie est trop courte bien sûr,

Avec toi quel accéléré...

Si tu me trouves une autre allure,

Je veux m'essouffler à tes pieds.

 

Tel un bon génie sans sa lampe,

J'aurais l'air d'un spectre égaré

Sans tes yeux, ces feux de ma rampe,

J'en serais fou presqu'à lier.

 

 

edouard_divers22

 

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01/05/2010

SPLEEN

SPLEEN

 

Un jour où le brouillard avait gommé le ciel, de bien tristes mines de crayons se taillaient à l’horizon voiles et vapeurs. Les press-books et les bics n’avaient pas la veine ludique et ne se lançaient plus des « je te tiens tu me tiens par la barbichette » aux heures creuses. Les stylos moins timorés déversaient leur sombre réservoir en style bas d’encre marinée dans le spleen bon marché. Les bubble-gommes s’étalaient en zéros soufflés par les soupirs internautes, puis crevaient à la surface de l’écran total glamour sous de faux soleils piquetant d’or plaqué le monde et ses virtuels flonflons, à la pointe du rayon. Et des anges en points de suspension passaient leur blancheur Typex au pinceau de silence pour les cons.

 

edouard_divers22

 

 

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A DES PETITS COQS CHEFS

 

coqcoq
 

De bois j'avais souvent la gueule,

Mais pas la langue et ça fait tache!

Auprès d'un tas de fumiers, seul,

J'ai picoré trop de mots lâches.

 

Pour les coqs en chorale aux grains

De laideur maquillés de pleurs,

J'étais fin prêt pour le sapin,

L'ultime et plus sobre demeure.

 

Coma de fausse alcoolémie,

J'ai dégusté jusqu'à plus faim

L'inachevée sympaphonie

D'un orchestre de chérubins.

 

Mais resc-happé in extremis

Par le train-train chirurgical,

J'ai bien envie de crier bis-

Touri deviens mon crève-chorale...

 

Que je décoche à poumons pleins

Mes pointillés d'orgue céleste

En voix plus pointue qu'un fusain

Pour dé-crêter les immodestes!

 

lovertuy
 
edouard_divers22

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21/04/2010

NAISSANCE MUSICALE

  

Pour moi ça baigne, et pas que dans le liquide amniotique. En boule il fait bon vivre aux crochets d’un cordon. Lentement je prends forme, un garçon semble-t-il.

Mais ne brusquons pas les choses de la vie, service trois pièces et bijoux de famille : profitons de ce préambule asexué de l’existence. Profitons des ondes  bienveillantes me couvant de plumes euphoniques en piano de satin.

Ah quelle extase pré-natale, et ces balancements de plaisance, tel un yacht en Mer de Corail, me laissent présager d’un avenir aussi radieux qu’un soleil de pipelette en voix d’extinction, une vie à la fois trépidante et douce, un nid de pétillance en douillet champagne aux bulles irisées d’azur existentiel.

Le temps passe, l’ennui ne me gagne jamais. Pas de nord à perdre ni de latin : je me laisse guider sans autre langage que l’amour.

Tiens, des voix de sirènes quelque peu étouffées ! Un envoûtement qui m’aimante à l’eau vive !  Un diabolo menthe au loin se profile et tête en avant, je me propulse à l’air libre du vert j’espère.

Mais voilà, je me retrouve au milieu d’algues marines certes accueillantes , mais en queue de poisson déjà dépassé par les événements : je me croyais bébé génie du genre humain, futur expert en grisantes matières, et je ne suis que le petit de la truite de Schubert !

Il me reste alors à vagabonder dans l’indifférence générale, vagabonder dans la méli-mélomanie d’un monde rappeur à troués fromages et chats bottés de trop juste milieu, monde carrément technoïde et métalleux,  sans trouées de démentiel bleu !

 

 

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edouard_divers22

 

 

 

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07/04/2010

FLEURS PERSOS

 

 

Toi qui sais les fleurs

Et les bénis

En les chantant

 

Toi qui sais par coeur

Les fleurs d'esprit

Les fleurs des champs

 

Toi qui serres en pleurs

Le pissenlit

Des malvoyants

 

Leur sers un bonheur

En eau-de-vue

S'il fait crevant

 

Cercles de couleurs

Leurs yeux battus

Quand hurle vent

 

Voici mes fleurs:

 

Bleuets d'outremer

Pour les yeux gris

Des fleurs pépères,

Fleurs d'établis...

 

Iris en printemps

Soixante-huitard

Aux grincheux flans,

Fleurs de boudoir...

 

Audibles pensées

Sur papier flash

Aux fendus lâches,

Fleurs de WC...

 

Passeroses à mouchoir

Pour les yeux tristes

Des fleurs autistes,

Fleurs de parloir...

 

Clochette et pâquerette

Pour les yeux durs

Sourds aux mouettes,

Fleurs d'embrasure...

 

Lys entrelacés,

Dégelée royale,

A l'oeil chambré

En cave nuptiale...

 

Dalhias composés

Aux cristallines

Voix dévoilées,

Fleurs de vitrine...

 

Chant de corolle

Quand moi si sol,

Mirettes blafardes,

Fleurs de mansarde...

 

Strip coquelicoquin

Pour le youpin

de fantaisie,

Fleur de ma vie...

 

Reste telle quelle

En ce réduit

Qu'est mon esprit:

Une IMMORTELLE !

 

edouard_divers22

 

 

 

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04/04/2010

TIRAILLEMENT

 

 

Swoman

 

 
Je m'écartelais entre Dieu
Et Madeleine au bain-marie,
Je bouillais d'impatience en feu-
lant boîteux cantiques, aujourd'hui...
 
Je diverge en penchants glandeurs,
Bretelle à mon itinéraire
Pas si culotté, j'ai bien peur
De zipper Dieu dans cette affaire.
 
Je m'écartèle entre telle et telle,
Me crucifixe à deux amours;
Pieds joints cloués au point du jour
En suspension, leurs cieux m'appellent.   
 
Si j'allume autant de saints cier-
ges que mes flammèches à langueurs
Damnées, je crame églises entières
En érotomanque et pour l'heure...
 
Je contemple les cons du temple
Au rayon X, Radio Géhenne,
Et ne capte sous les robes amples
Aucune onde où noyer ma peine.
 
Je sue mon strabisme indécis,
Surplombant travées sombres et chaises
A culs zombies, à culs bénis,
Mon encensoir crache aux cimaises.
 
Ma croix de café vermoulu
Se fendille et le bois d'occase
A la tremblotte au soir velu
D'écuyères en campagne rase.
 
Motus et bouche en rase-mottes,
Mes rêves ont le fil décousu
D'avrils où Judas Iscariote
Me vendrait son chevalet nu
 
Pour peindre à contretemps mes voeux
D'envol païen sous l'édredon
D'ubiquité, planter prie-dieu
Et nefs à vif pour un plongeon
 
Synchrone en deux chairs à pécher,
Deux toiles à la blancheur sans nom;
Vider ma palette, empaler
Les succubes au pinceau fripon.
 
Me délester des croix gommées
Dans le bubble-gum amnésique,
Me dé-tester l'endurance et
Changer l'eau de rose en colchique.
 
Perdre l'auréole à goûter
Mes récréations vénéneuses,
Prendre mon pied à l'étrier
De deux cavalières en danseuse.
 
Enfin renaître en fol artiste,
En magicien comme autrefois,
Multiplier peintures où Christ
S'en donne à crue verve et queue-joie.
 
edouard_divers22

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25/03/2010

CLOWNS

image

« Nous sommes de l'étoffe dont on fait les zéros », dit Georges le clown à sa femme qu'il ne faisait plus rire depuis des lustres, même pas au lit avec ses pannes en cascade et ses jérémiades à répétition.

« Le public n'a que faire de mon nez rouge et mon falzard bouffant. Il veut du lisse,du pas froissé, du propre, du plus blanc que blanc! »..Sa femme, l'esprit ailleurs, faisait mine d'acquiescer mais ne savait plus à quel saint pochetron se dévouer.

La seule chose qu'elle savait, c'était qu'elle ne voulait plus que le partenaire de son laid pou, le clown blanc Steve, lui textote à toute heure en pyro lunaire de quoi foutre le feu au QG des Chiennes de Garde.

Pourtant, en sa forge-à-cornard intérieure, elle en pinçait pour cet enfariné au chapeau conique, un chapeau comme pour crever le ciel et lui pleuvoir des étoiles érogènes. Elle en pinçait comme un homard de timidité, ses joues auraient pu la trahir mille fois quand, avant le show bien pourri, il lui glissait des mots nègres-doux à l'oreille aux séances de maquillage, style « Moi vouloir ton petit cul, Augustine! ».

Car elle faisait partie intégrante de la troupe, artiste de l'ombre, elle prenait part active à la crade illusion du duo saltimbanqueroutard.

Cet amour, elle ne pouvait se l'expliquer: le clown blanc n'avait de blanc que l'apparence, et l'anthracite eût été plus adéquat pour traduire sur son faciès les brumeux desseins qu'il méditait.

Les mystères ont le privilège de lever les rideaux de l'âme, et grâce à cet amour inopiné, le femme de Georges se voyait déjà, en sa flamme et con-science, le théâtre de fulgurances à craquer les planches et croquer les fruits défendus. Loin du bric-à-brac des braques putassières à braquer d'un flingue au canon rose.

Au café Carabosse, tout le monde est le bienvenu. Mais allez savoir pourquoi, il n'y vient que des amuseurs au col étriqué d'auto-satisfaction, accompagnés de fées sur le retour avec un oeil sur la braguette magique et l'autre sur le pognon. Des racoleuses au rire forcé, comme pour mieux délier les bourses des clowns avinés.

Steve, Georges et son épouse s'y rendaient parfois après le spectacle, et celle-ci ne pouvait réprimer quelque rancoeur quand, pour compenser le succès sous chapiteau mi-figue mi-raisin, le clown blanc jouait les prolongations, travaillant du chapeau, et fuguant au quart de tour vers les basses sphères de l'humour, en acrobaties dignes d'un superblaireau de la vanne moins trapèze que carrément naze.

Un soir, n'en pouvant plus de jalousie, elle fouilla son baise-en-ville, y prit le nez rouge et, d'un bond furax, elle se leva pour le coller au clown blanc en pleine esbroufe au milieu du bistrot.

« Mon nez ! », s'écria Georges, qui s'en revenait des commodités, méconnaissable car sapé lambda, pendant que le clown blanc, comme interdit, comme entarté par le Gloupier, restait figé, bras ballants,mine déconfite et queue ratatinée sans doute.

« Quoi, j'ai l'air de ça ! », se récria Georges, qui fondit sur le clown blanc pour le décoiffer, et dont il perça l'un ou l'autre ventricule de part en part avec le chapeau pointu, laissant l'ex-sangsue de ces dames exsangue et sans gants de crin pour se frictionner le coeur après un sinistre rêve.

Ce soir-là, le café carabosse et son hôtel borgne perdirent la seule étoile dont ils jouissaient au guide du vieux croûtard.

Et  l'auguste clown, largué par son épouse, nu comme un vers d'Eluard et perdant son latin ad vitam aeternam dans la section psychiatrique de La Santé, chanta:


Joli noeud papillon

Ce soir s'est envolé

Faire un tour au plafond

D'une étrange araignée...

 

Alors mon chapeau buse

A plumes l'a imité,

J'ai ouvert les écluses,

Et le blues a régné...

 

Quand ma queue d'hirondelle

Est allée se greffer

Quelque part sous le ciel

A l'oiseau mutilé...

 

Et mon froc rouge immense

A pattes d'élé-faon

S'est démis de démence:

Il se croit cerf-volant...

 

Puis mon slip kangourou

Se fit la belle à cloche-

pattes au-dessus des trous

Noirs du blues en bouloche.

 

Seules mes pompes à pompons

Fidèles m'étreignent aux pieds,

Me donnant l'air plus con;

C'est le strip d'un clown largué!

 

edouard_divers22


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18/03/2010

REVES

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Des rêves en blanc et noir, pour l’amateur de ridés polars et polaroïdé ringard…

Des rêves anthracite au cœur gros de la nuit, quand la plaie c’est le spleen et rien en soi ne se plébiscite…

 

Des rêves bleus d’amour aveugle comme un schtroumpf délavé, en manque d’azurance…

 

Des rêves en rose panthère adultère au pinacle épineux de la passion défendue…

 

Des rêves musicolores en 4D, avec fragrances et maraudeurs de non-sainteté…

 

Des rêves en couleuvres qu’on avale afin de se réveiller, et trouver beau le monde…

 

Des rêves éveillés blancs rayés, comme un zèbre d’oubli galopant, comme un ciel faux-semblant qui va se déchirer.

 

edouard_divers22

 

14:53 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

17/03/2010

RETROVISIONS III

 

edouard569

 

Soliloque à poussières,

Etiolé d’anagrammes

Où les mots s’indiffèrent,

Pêle-mêle en amstramgram…

 

Mots-valises au hasard

De rétrospectres dia-

prés sous mon ciel-foutoir

D’étoiles en sparadraps…

 

Souvenirs de piqués,

De comètes à vau-l’eau,

De loopings bien loupés,

Sur les plans d’artichaut…

 

Légumades en rafales,

Passé de série B,

Bouches en culs de vénales

Papouilles aux poulaillers…

 

Eboulis d’oublis, diables

A ressorts inversés,

Spikes de punkettes à fables

Par les cheveux tirées…

 

Eboulis d’hôtels borgnes

Aux rendez-vous galleux,

Nymphes in black elles vous lorgnent

En dégoût silencieux…

 

Glaciers nus qui s’effondrent

Au fléchage arc-en-ciel

De mots charriant mille ombres

Habillées d’étincelles…

 

Strips à l’homo-cactus,

Humour piquant à vif

Les coutumes et les us,

Débandades en calcif…

 

Puis ramassages de gueule

A la pelle au rateau,

De quoi se sentir seul

En profil Picasso…

 

Vivant tableau de maître-

chanteur d’ombres à la masse,

Corbeau dans le paraître,

Et beaux corps qui se cassent…

 

Désabusion des sens

En carburant d’oignon ;

Larmes à l’œil qui se trans-

géniquent en mes chansons.

 

edouard_divers22

 

14:33 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

11/03/2010

COURRIER

 
 
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LETTRE DE GWENDOLINE A STEVEN


Souviens-toi mon beau coreligionnaire anti-clérical, mon légionnaire anti-militariste et poète, souviens-toi de cette nuit d’hiver où tu déployas tes talents d’artiste maudit pour faire entendre raison aux pouilleux poivrots qui m’importunaient de leurs mains baladeuses en ce bistrot qui sentait l’alcool et les effluves mélangées d’âcre tabac, vieilles sueurs et haleines fécales. Souviens-toi de ce connard musculeux qui te fit un bras d’honneur quand tu entamas un quatrain moralisateur en octosyllabes bien frappées…Toi tu rimais avec aisance, lui, sa vie ne rimait à rien. Il voulait juste m’attirer dans son pigeonnier, et pas pour me tirer les cartes ni me lire le fameux Discours de la Méthode dont tu me rebattais les oreilles avant ton examen de philo. Souviens-toi quand il vida sa chopine sur ton crâne déjà tonsuré, alors que tu te lançais dans une envolée lyrique évoquant les Polonaises et Mazurkas de Frédéric,  à danser sans se cogner ou se rentrer dedans, bien loin du pogo ambiant. Souviens-toi de cette parole que tu osas : « Vous Monsieur, je vous en prie, un peu de tenue ! »..Ce sur quoi il asséna sur ta gueule d’hostie quelques coups aussi bien frappés que ta poésie. Et bien ce gars vient de me plaquer. Je m’explique : pendant que tu gisais KO sur le sol comme un étron de caniche, je fus séduite par sa force virile et pris la poudre d’escampette, non sans vider au préalable tes poches. Blonde mais pas conne ! Nous vécûmes quelques années dans le péché de chair le plus exquis, puis, comme à présent j’ai le visage aussi crevassé qu’un terrain miné, il est parti  en avril chercher des cigarettes pour ne jamais revenir au poulailler. Alors, si tu veux toujours de moi, et que, malgré le temps qui passe mais n’efface pas tout, tu caresses encore quelques rêves où je satisfais tes pulsions d’éternel puceau dans l’âme, écris-moi en retour, et nous aviserons.


Gwendoline


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REPONSE DE STEVEN

« Les souvenirs se ramassent à la pelle », écrivit Prévert, et des pelles nous nous en roulâmes, je me souviens,  et dans les prés verts comme dans les terrains vagues, roulâmes en nous consumant de baisers volupté XXL. Jamais je ne pris ombrage de ce soir où tu me fis la nique avec ce vulgaire pique-assiette pour aller te faire pique-niquer le petit panier dans un coin que je suppute sordide. Avec mon faciès digne des Picassos les plus dysmorphiques, je compris ton choix. Loin de moi toute forme de rancune. As de cœur du pardon, telle est ma qualité première. Aussi posai-je l’an passé ma candidature au Vatican, pour être béatifié de mon vivant….on ne sait jamais : les Papes ont besoin d’une publicité tapageuse afin de rameuter les ouailles égarées. Pour conforter cette candidature, lui donner le poids céleste requis, je fais partie d’un groupe de rock chrétien, Pop Louange, dont le flûtiste n’est autre que ce bagarreur qui récolta tes traîtres suffrages et tes faveurs câlines. Je m’explique : nous nous rencontrâmes un soir de moiteur post-caniculaire dans les Alpes, lui en désintox avec les prêtres loubards, moi en cure thermale avec mon petit ami Claudick, ex-claudette et transsexuel que je sortis du ruisseau lors de mes pérégrinations chagrines au Bois-de-Boulogne en lui chantant, juste après notre rupture, " Viens à la maison, y a le printemps qui chante ". Mais une hirondelle pétée ne fait pas mon saucisson printanier, alors quand ton ex-racaille en cure alpine vint me demander du feu pour rallumer son mégot, nos yeux se croisèrent, se figèrent, et une flamme de désir instantané y ondoya…nous partîmes « dard-dard » main dans la main, par monts et par veaux d’or à la Sodome et Gomorrhe, laissant les prêtres loubards et mon pauvre Claudick sur le carreau. Voilà, maintenant, tu sais. Alors si tu veux faire choriste au sein de Pop Louange, tu es la bienvenue. Mais prends garde : ne daigne pas toucher au corps de mon flûtiste, ni même effleurer son hautbois, car je te cognerai comme un tambour et tu verras scintiller toutes les étoiles, mais pas celles de Noël ! La myrrhe et l’encens, ainsi que l’or de ma poésie, je les réserve à mon Raoul chéri.

 

Steven

 

edouard_divers22

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SAINT VATENLOIN

 

Blague à part je déconne

A partir des adieux;

Plus rien ne me résonne

En ma caisse que tu veux...

 

Quai sans brume et Morgan,

Je fixe l'horizon

De tes yeux de haran-

gueuse, ils seront légion

 

A passer l'arme à gouache

Aux présages anthracite,

A cracher du potache

En flanc-tireurs d'élite...

 

A passer larve à gauche,

Bander mouton...adroite

Fleur de pavé qui fauches

En faux cils, billes d'agate,

 

Va te faire mettre en ruche

Le miel sonnant d'enflés,

Position de l'autruche,

En aveugle entubés.

 

Si l'un d'eux ne succombe

A ta morgue en chemin

De la passion des nombres,

Il sera libre enfin

 

De tout larguer dans la

Bombance des électrons!

La fissure est en moi...

Gare à toute explosion!

 

 

edouard_divers22

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04/03/2010

ET DIEU CREA...

 

Un soir de bringue solitaire, Dieu, fumant un cigare de la taille d'un couloir spatial, se tira les cartes à défaut de pouvoir tirer autre chose. A vrai dire, il se les broutait ferme. Tricher au jeu n'était pas son genre, et de toutes façons, il ne pouvait mentir à lui-même, car dans sa science infinie, Le grand Tout devinait tout.
Tirant l'as de pique, il créa une barbe de champion olympique, et se la posticha pour se donner une contenance virile, superflue certes, mais intimidant le Diable, son image inversée dans le céleste miroir.
Pris de trichotylomanie, ce TOC barbare où l'on étire et s'arrache les poils avec une folle compulsion, puis les mange à l'occasion, il passa au tricot pour se changer les idées. Un bonnet de laine il se confectionna, aux motifs psycho-rococco-gothiques et... assez tirés par les cheveux ( on ne guérit pas comme ça, aussi dieu soit-on). Mais à quoi bon? Le froid n'existait pas!

Alors il prit son courage à deux paluches et créa les saisons:

- l'hiver où, transi, il fit redescendre ses deux orphelines en bourse ascensionnelle par l'exécution d'un Jerk originel,  secouant sa caboche d'où tombèrent de blanches pellicules cristallines.
- le printemps, où il fit pousser des feuilles couleur vert j'espaire de couilles, pour y consigner ses projets de bonheur "vrai" dans un monde à venir.
- l'été, où l'idée lui vint d'un oeuf au plat, et par là-même du soleil (Dieu ayant ce don édouardesque d'inventer des merveilles par association d'images et/ou de sons).
- l'automne où il en fit des tonnes: les galaxies, les systèmes, les météores, les trous noirs, le baîllement le sexe la chiasse et l'amnésie, les étoiles filantes, les bas résille, la terre et ses hommes, dont un, le primordial à son image, s'ennuyait ferme aussi.

Comme c'était l'automne, et que le sol, jonché de feuilles mortes, devenait un foutoir pas possible, Dieu créa la femme pour les ramasser. Car Adam, pris d'un vertige identitaire, n'avait pas le temps: il le passait à essayer des costumes de serpents..comme ça, pour se déguiser, et tester son petit entourage.

 

edouard_divers22

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SAINT VALENTIN

 imagesvRETY

 

Ils s'étreignent en (f)leurre à la Saint Valentin,

Se la jouent glamour, se houla-houppent;

Mais après le peep-show des coeurs à la loupe,

Ils s'éteignent encore, et c'est tintin...

Pour les "je t'aime un max", ils repasseront

Leur orgueil froissé par notre exemple:

Un havre hors-taxes et pas de transition,

L'hymne débranché qu'en rut ils samplent*

En un décor cliquetant de superflu:

Machines à bruitages et talk-over**...

Pour ne rien dire qui nous laisse sur le cul,

Comme au bébé le talc sa blancheur.

Car leur matière est grise et superficielle,

lls ne pourraient sans fard se mirer

L'un l'autre en astres bien au fond des prunelles,

Regarde-moi, tu es Milky Way**********

 

 

 edouard_divers22

 

*                  Sampler: en musique, échantillonner

**                Talk-over: technique de  phrasé  utilisée 

                     dans les vieux blues

15:38 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

22/02/2010

CAMBRIOLAGE

 
 
ch_melle3

 

Il était à peine plus de midi quand un nuage de lait signé Georges Vashkiri fut dérobé au Musée Contemporain Des Nues. Ce nuage sans prix, en suspension au-dessus d'un café noir signé du même artiste, ne tenait qu'à un fil. Et c'est désormais ce cambriolage inédit qui donne du fil à retordre aux enquêteurs.

Car à qui profite le crime? Là réside la question première ! A un météorologue fantaisiste et décalé, à un amateur nébuleux d'art contemporain, à un pisse-vinasse repenti ayant perdu sa vache à lait?  Mystère !

L'inspecteur de police lui-même en perd le nord, et ne sait plus à quel saint ni à quel point cardinal se vouer. Lui pourtant si rusé, débusqueur de parachutes dorés sous les tables fiscales vermoulues, traqueur de dealers aux quatre vents semeurs, croqueur de braqueurs et de coeurs braques aux crimes passionnels  et pas si Noël que Pâques en croix...

L'inspecteur a d'abord interrogé le directeur du musée, Pierre Nimbus, qui, de par son patronyme, cadre bien dans ce décor sans cadres et autres carcans, les oeuvres d'art étant d'apparence libres comme l'air .

Pierre Nimbus est déchiré, il pleut des "pourquoi?" d'incompréhension totale: "En vingt-cinq ans de carrière, je n'ai pas connu le moindre vol, ni le moindre acte de vandalisme, affirme-t-il, pas même un viol dans les commodités. A peine deux ou trois gobages de mouches à merdouille contagieuse en été. Notre musée, où les visiteurs déambulent bouche bée devant les oeuvres insolites, n'a jamais failli à sa réputation d'imprenable forteresse...et patatra ! Cette histoire de nuage vient à point nommé pour assombrir mon azur professionnel !"

La concierge non plus, de prime abord,  n'en revient pas.  Elle qui rogne sur ses heures de sommeil pour veiller à la bonne marche de l'immobile tour de rêves.

Puis, à la 126ème question de l'inspecteur, elle prend son air ampoulé d'illuminée des basses-cours pontifécales  pour dénoncer, la mort dans l'âme et l'intestin noueux, sa chienne Scara, elle qui rognait sur ses os plutôt que sur les heures de sommeil pour monter la garde. Interrogée par le biais d'un interprète canilingue, la chienne ne daigne pas lâcher le morceau. Mais à l'analyse de sa truffe, elle s'avère l'auteure du forfait. Une chienne iconoclaste, une dissidente du régime contemporain de sa maîtresse priseuse d'un art qui fait tabac chez les snobinards, une rebelle sans doute, espérant recouvrer un semblant de liberté en avalant le nuage de lait, ou un semblant de pureté, de blancheur dans sa vie de labrador noir comme l'encre d'un nègre dépressif de Sullitzer !

 

scara

 

edouard_divers22

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