29/10/2011

VINCENT

Un mariage d'un ennui mortel, et qui laissait présager d'une vie conjugale sans apothéoses pyrotechnicolores.

L'enterrement du grand-père, en comparaison, faisait figure de style olé olé, genre "le lion est mort ce soir" version techno-trance.

Vincent avait flairé les chrysanthèmes de la cérémonie nuptiale.

Au lieu de patauger dans la guimauve et les lieux communs de circonstance, il opta, l'espace d'une parenthèse off, pour l'école buissonnière et ses chemins de traverse.

Sa vie, dans un silence rêveur, il la voyait soudain non-linéaire, en courbes et pointillés de poésie ballerine, pleins et déliés sans plans ternes, points de suspension dans quelque syntaxe aérienne à ses heures.

Sa vie, il la voyait non-tracée, comme un bal de tirs ponctuels, aux antipodes des promesses monogames obsolètes, et ses lèvres, il les voyait se déposer tour à tour dans 400 cous de sirènes alanguies, lui murmurant des mélopées à damner le pape et tous ses suppôts, tous ses suppositoires propres à coincer le fion des béni-oui-ouistitis cathos.

Vincent se rêvait dandy pirate et franc-tireur à feux follets, Vincent s'espérait tout en dérapages à peine contrôlés.

Aussi, quand il revint de sa brève escapade et rejoignit par connexion de mots cons le repas de noces à l'entame , il appliqua quelques points noirs en catimini sur la robe de la mariée. 

Une dalmatienne, c'est plutôt fidèle et ça fait la belle à l'appel du moindre mot-gâteau, mais démultipliée dans ses fantasmes, ça fait Walt Disney.

De quoi redonner des couleurs d'enfance à son couple mort-né, de la poudre à ses yeux comme des billes qui roulent en auto-persuasion.

 

edouard_divers22

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13/10/2011

ROCKING MOUMOUTES

 

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Ah…c’est bien beau d’enquêter sur la disparition des cornes de rhinocéros qui finiront en poudre pour les cas légers d’impuissance, ou en greffe dans les slips des Chinois plus gravement atteints ! Mais qu’en est-il de la perruque de Dick Rivers, subtilisée par un fan sous l’emprise d’ecstasy au Festival du Vieux Camembert Electrique ? En un an, cela fait huit fois qu’on lui en dérobe une, et il semblerait que l’auteur des faits ne soit qu’une seule et même personne. Sans doute un fou désireux de s’inventer une république bananière avec tous les postiches volés, et sur laquelle il régnerait en implacable tyran, imposant à ses rocking moumoutes l’intégrale de Mireille Mathieu au moindre tif qui se rebiffe. Je vous vois d’ici…vous me croyez sans doute en proie à quelque psychose dont j’aurais atteint le pic délirant. Détrompez-vous : mes 2 psys, mes 3 astrologues, mon radiesthésiste et mes 2 marabouts m’assurent que tout baigne et tout roule pour moi, mais qu’il vaut mieux prévenir que guérir. D’où ma poursuite des consultations. Mais pas à travers les rues du canton, ni en filature indienne comme l’été de Joe Dassin. Non, trop ringard et trop slow tout ça, mon jeudemoteur ne carbure plus à cette essence . Alors au tournant, je vous pose une question sans détours : la lactose provient-elle oui ou non de la voie lactée ? Si oui, qu’adviendrait-il alors de notre lait quotidien si cette voie céleste venait à souffrir d’extinction ? La traite des vaches en serait-elle affectée, voire vaine, et serions-nous condamnés à la verveine au petit-déjeuner ? Les bébés, même aveugles, se verraient-ils houblonnés dès le biberon ? Le Prince Charles serait-il simplement moche et plus laid ? La chanson Lay Lady Lay de Bob Dylan s’intitulerait-elle autrement pour les francophones ? Si vous daignez m’apporter toutes les réponses à ces questions prégnantes, vous gagnerez 8 perruques de rocker avec bananes gominées en sus, sinon c’est tintin. Et sans la houppette !

edouard_divers22

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30/09/2011

TETE HAUTE

 

Je rêve, et quand même il ne pleut que du sang. Le sang des chiens qu’on oublie aux virtuels abattoirs, et pas par hasard. Chiens à forme humaine et inversement. Qui, à trop ramper sous les brimades insidieuses,  n’ont plus la bave de vivre, ont perdu patte blanche pour faire le beau.  

Je rêve d’un ailleurs de cathédrale aux vitraux d’espoir, aux porches illuminés comme le grand soir d’un Noël éternel.

Ici ou ailleurs, je continuerai de rêver, tant que mon esprit fera des bulles en slalom entre balles et postillons des maîtres-chiens de chasses aux abois pour des noix.

Je crèverai la gueule ouverte et la bulle éclatée, s’il le faut, mais jamais auparavant n’abdiquerai de mon petit nuage rose. Luxe de faux aveugle ébloui, qu’épousent les poésies des grimoires et du maquis, la poésie rouge-gorge et la poésie rouge rubis.

 

edouard_divers22

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13/09/2011

BANDE DE CONS

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- Con cherche texte pour se situer

- Con cherche primé à la casse pour faire passer la pilule

- Con cherche vingt culs pour dire Amen

- Con cherche cierge pour vendre la mèche aux locataires

- Con cherche cerf pour faire un boeuf

- Con cherche vol pour noces au juste ciel 

- Con cherche Seledise pour faire à Bonentendeur salut 

- Con cherche Fucius pour paraître moins con 

- Con cherche sensuelle pour poli-triquer correct au lit 

- Con cherche saule pour atténuer ses pleurs 

- Con cherche Chita pour faire le linge et la vaisselle des mâles singes 

- "Con" cherche "quelque" pour faire "quelconque" 

- Con cherche pote pour se faire en duo Lady Marmelade 

- Con cherche te partiro pour compléter la chanson 

- Con cherche pagne pour jouer à Jane et Tarzan 

- Con cherche cul rance pour faire son beurre 

- Con cherche vocation pour se présenter 

- Con cherche Cubain pour se havaner sans bague 

- Con cherche verge pour opiner du chef à deux 

- Con cherche geai pour envol sabbatique

- Le dernier des cons cherche bas pour mourir la tête haute

 

 

edouard_divers22

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17/08/2011

EN PELERINAGE

 

Il était un moinillon, sur le chemin de Compostel, avec pour seul bagage une espèce de missel.

 

Rien ne l’attendait, rien ne le guettait, sinon une solitude de rat mort.

 

A l’écart d’un troupeau de pèlerins fuyant sa tonsure comme une auréole de Lucifer, il se récitait des psaumes étranges et balbutiait quelques cantiques aux oiseaux.

 

De temps à autre, un des marcheurs pénitents se retournait tout en ricanant de son allure au croupion tortilleur. Car il dansait, l’énergumène ! Du moins, il sautillait, comme en danseuse hémorroïdaire.

 

Nul ne savait pourquoi, mais quand une rafale de gaz intempestifs menaçait de le propulser à hauteur de la grappe pèlerine, il se réfrénait, prenant la position du lotus dans quelque talus de fortune, au mépris des fourmis rouges et coléoptères à fouineuses antennes.

 

A vrai dire, ce moinillon dans sa tunique safran n’avait rien de très catholique. Et son sourire éternellement béat en agaçait plus d’un.

 

C’est alors qu’au détour d’un sentier bien raide, une vioque en repentance d’adultères à répétition ralentit le pas, puis, se saisissant d'un couteau suisse, lui dit : « Tiens, si on se faisait une boîte de cassoulet froid ? C’est pas encore Carême, ma foi, mais j’ai toujours été en décalage horaire dans ma vie de bohème ! »

 

Le moinillon ne pipa mot, flairant des coups de langue râpeuse en perspective et des « je te tiens tu me tiens par la barbichette » en guise de préliminaires.

 

« T’es sourd ou quoi ? » , renchérit la vieille mal rasée mais plutôt rasoir,« ça rend sourd, c’est vrai, mais vaut mieux ça que se taper des p’tits bouddhas !».

 

Alors le tonsuré lui lâcha, d’un ton plein d’assurance : « Om mani padme om , salut à toi, ô joyau dans le lotus ! Ton cassoulet, tu peux te le carrer où je pense, et me laisser méditer en paix sur le vide existentiel ! Si j’accomplis ce chemin crucifictif en votre chrétienne compagnie, mais en retrait bien réel, ce n’est pas pour zieuter ton cul de nonnuche à distance en me privant de ses vapeurs si chattes et son fumet d’entre-deux tout en vœux pieux de zobédience, histoire de ne pas céder à la tentation de mains baladeuses au panier fleuri de bestioles à bon dieu peut-être, mais c’est pour vous soustraire à mes flatulences de vache normande qui m’ont déjà valu six renvois de communautés bouddhistes auparavant. Je me suis fait par ailleurs interdire moi-même de l’Internationale des Temples pour ne plus replonger dans ce plaisir coupable d’engazer les lévitateurs en herbe et, à la longue, en gerbe. Alors on m’a conseillé Saint-Jacques et ses coquilles, où, en compote je finirai mon existence de mollusque mal réincarné.»

 

La vieille se tira trois poils, et en conclut dans sa barbe : « Je vais me farcir ce moine à la première occase avec mon couteau. De toutes façons, il ne se dit pas chrétien, le péché sera donc moindre. Et une marche aussi chiante et crevante en vaut bien la récompense. A l’arrivée, Dieu m’absoudra ! »

 

 

 edouard_divers22

 

 

 

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16/07/2011

CHANSON SANS REFRAIN



Les cheveux De Rebella,

Nocturne cascade à rêves

Où tremblants, mes jeux de doigts,

Trahissent un vide où je crève.

 

Les cheveux de Rebella,

Claque au vent d'hiver-j'expire,

Dont le charbon par gros froid

Me tisonne au temps d’écrire.

 

Les cheveux de Rebella,

Miroir ondule idéal,

Mouroir adulé parfois

Par le sage en bacchanale.

 

Les cheveux de Rebella,

Ça tombe en rideaux de pluie

Sur ma page où le blanc cas-

sé se casse en Lotusie.

 

Les cheveux de Rebella,

Mon encre aura la couleur

D'un éclat chinois sans loi,

L’anarchignon de mon cœur !

 

 

edouard_divers22

 

 

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11/07/2011

DANS UN MAGASIN DU CAIRE

 

Dialogue entre deux statues en vitrine: Toutankhamon et Néfertiti

 

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T: Ecoute...moi, tous ces mecs qui font du lèche-vitrine, ça m'énerve ! Ma tête à couper qu'ils ne viennent que pour toi et ton profil dénudé. Ca les fait saliver tous ces vicelards !

N: Ce que tu peux être bête parfois, avec ta tronche aussi figée qu'une chanteuse coulée dans le botox ! Ta jalousie te jouera des tours. Si j'étais si appétissante, ça fait déjà longtemps qu'on m'aurait achetée.

T: Tu n'as rien pigé ! Toi, tu es la statue témoin. Ce sont tes doublures qu'on achète, et elles sont stockées dans l'arrière-boutique.

N: Quooiii, on a osé me cloner??

T: Tu te croyais unique, hein? Et bien non ! L'erreur est statuesque, comme aurait pu le dire César le compresseur pour ciné-stars. Tu n'es toi-même qu'une réplique aussi, mais je t'aime.

N: Et toi?

T: Moi idem: je sors d'un moule à statues; on est tous deux de fabrication industrielle.

N: Ca alors, tu m'en bouches une brèche !  Il faut en finir. J'ai envie de mourir enfin... mais ne peux point. je voudrais me briser en mille morceaux, au moins ceux-ci seraient-ils originaux !

T: Tu n'as qu'à prier pour qu'une grenade nous tombe dessus: on n'est pas loin de la guerre civile, paraît-il !

N: Ne parle pas de bonheur, je vais encore déchanter si rien n'arrive...

T: Et bien ferme-la en attendant, ça me fera des vacances !

 

edouard_divers22

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05/07/2011

L'OISEAU-LYRE ET LE PIERROT

 

 

Un pierrot lunaire au soleil se les gelait dans le plus simple appareil, quand, soudain, un oiseau-lyre à plumes hirsutes vint le décoiffer, battant de l'aile en catastrophe et gazouillant des apostrophes.

Le pierrot, rare oiseau qui plie aux vents mais ne rompt pas la conversation, s'enquit des couacs de l'oiseau-lyre et lui proposa de l'accorder, moyennant une plume trempée dans l'azur pour se bleuter le coeur.

L'oiseau des îles ôta de son panache un bébé plume et le tendit au pierrot, peu désireux toutefois de se faire un mini-bleu.

"Que ferais-je avec cette minable plumette, espèce d'oiseau clown triste !", dit le pierrot. "Le bleu que je veux doit en mettre plein la vue à l'oeil lunaire de la nuit cyclope et ses paillettes étoilées ! Prête-moi ta plume la plus auguste et je t'accorderai la lyre !"

C'est alors qu'il arracha la plume du contre-ut, réduisant l'oiseau-lyre à un oiseau tout court, car sans la plume en question, l'instrument se volatilise.

Complètement délyré, l'oiseau des îles fondit sur le sexe du pierrot pour lui picorer les graines orphelines; mais ce dernier, plus réflexif que réfléchi, eut la présence éclair de placer la plume comme en bouclier, croyant parer les coups castrateurs du bec en folie.

Ainsi fut inventé le parabec, dont aucune autre trace ne subsiste dans l'histoire du monde, ses oiseaux des îles et ses asiles.

edouard_divers22

 

 

 

 

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14/10/2010

PSYCHE

 

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Neutre miroir tel est mon prochain ;

Je m’y poudre en fumée la mèche

Et je n’allume ô n’allume rien,

Son cuir un peu poulpeux m’empêche.

 

Cuir écervelé, couenne à cratères,

Il guette en moi reflets de lune

Et lumière éteinte, il me faut taire

Un soleil pleuré sans rancune.

 

Ainsi dans l’obscurité si nue

Pour qui chérit les apparences,

Un doute en émoi-même insinue

Son philtre à frileuses espérances :

 

Poisson love à la station d’avril

Où mon train-train file et découvre

Un millier de clones au passage, il

Faut que j’allume un coin de Louvres

 

A moi, les autoportraits blafards,

Je les fixe en croix dans l’espace

Etriqué de ma piaule et le noir

Se casse en blanc d’aveugle classe !

 

Je voudrais te fracasser ma gueule,

Miroir informel et sans teint,

Mais tu me suis, blême ombre linceul,

Vers le palais des glaces au loin.

 

edouard_divers22

 

16:42 Écrit par EDOUARD dans Amour, Général | Lien permanent | Commentaires (26) |  Facebook |

29/09/2010

CHEZ LES FRERES MARISTES

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L’école avait l’épreuve au long cours,

Des bibles-fleuves à nous assommer

De classique emphase et règles pour

Nous asphyxier le souffle en apnée.

 

L’école avait du leurre à sonner,

Des cloches aussi pour l’ado sorcier

Qui, fleur idyllique entre les dents,

Se buissonnait, stylo-feutre ardent.

 

L’école avait ses tables de loi

Gravées par des Moïses en réverb’,

Et ses lugubres fables de croix

Plantées dans la mouise ourlée de gerbe.

 

L’école avait l’accent très pointu

Sur la délation qui rien ne sauve,

L’école avait d’autres attributs

Pour assujétir en quelqu’ alcôve.

 

L’école avait ses chatouilleurs,

Ses gras caresseurs d’épithètes,

L’école et ses chanoines en pleurs

D’extase au clou des blondes têtes.

 

 

edouard_divers22

12:20 Écrit par EDOUARD dans Actualité, Amour, Général | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |

23/09/2010

UNE GITANE

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Je dis bohème, 

Et c’est un léger parfum cannelle, 

Une pincée de jument sans selle, 

Guitare andalouse à débrider, 

La sensible corde à liberté… 

  

Je dis danse et aime, 

Et c’est la fleur sarabande 

Aux quatre vents qui l’essaiment, 

Un levain de contrebande 

Qui m’appâte à mi-carême…

 

Je dis ton nom Sarah,

Et c’est une eau vive en cascade,

Ivre crinière, aurore à boire

Ondoyant lueurs en prémices,

Un soleil nu qui danse aussi...

 

Je dis aurore,

Vous n’y voyez que dalle,

Et c’est pavé de rêves

A larguer mes amarres,

Un pavot nénuphar

Dans la mare aux clonards,

La pavane infante à mon crépuscule oubli .


edouard_divers22


 

 

12:50 Écrit par EDOUARD dans Amour, Général, Musique | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |

20/09/2010

LIBRE CREATION

 

 

 

 

Il y a des poèmes à vivre qu'on n'explique pas,
Comme des cristaux satinés, des vers à soie,
Tremblants sous les faisceaux drus de la raison,
Il y a des trésors en ces poèmes-cocons.
 
Il y a des trésors impalpables et sublimes
Aux cannabyssales impulsions de l'âme,
En vers fumés qui de prime abord ne riment
A rien de vif aux lucidités de lame.
 
Il y a des vides armures, brise-âmes en carrés,
N'estimant bien que les coquilles nettes et claires,
Et quand dans une ode à contre-lune inversée,
Ils ne voient que dalle alors je me décratère.
 
Il y a des pavés zébrés d'azur à gagner
Dans le flou verbal de libres mosaïques,
Et des rêves au soleil empapillonnés
De toute union volatile et sans logique. 

 

edouard_divers22

 

 

12:57 Écrit par EDOUARD dans Amour, Général, Loisirs, Musique | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

16/09/2010

CAFE D'UN MATIN MUSICAL

 

 

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Un ciel grisé se déshabille,
Envoie valser ses blancs nuages;
Un cumulus il sème ainsi
Dans mon café d'âme à l'orage.

La cuillère en danseuse avec
Mes doigts de gracile indolence,
Reflète en son argent le nec
Plus ultra de simples espérances.

Les cristaux de sucre s'écrasent
Comme un voeu de printemps solaire
Au foyer crépitant ses phrases
Emmitouflées de blanc mystère.

Ca brûle au bord, je bois la tasse
En soufflant quelques cantilènes,
En larguant le nord à la brasse,
Lèvres expirant nuits porcelaine.

Me noyant seul en ce silence
Entrelacé de glacé crème,
Il me tient l’arôme et les sens
En cascades orientales essaiment.

Modulations d’arabical
Alcaloïde au spleen qui vibre,
Vers un paradis de spirales
Où la fumée danse en roue libre.

 

edouard_divers22

 

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10/06/2010

CHATS RADIOACTIFS

 
 
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Lundi 23h 59

  

 Ça ne miaule pas dans mon pigeonnier délabré, mais ça grouille de chats citron d’un froid nucléaire et muet. Phosphorescences  à moustaches aux fréquences radioactives émettant le mystère. Statues vivantes mi-figures géométriques mi-oraisons jaculatoires. 

Ces formes émaciées d’un jaune acide me rappellent à la mort présumée de ma raison l’été dernier, quand les tournesols aux sourds pétales et les soleils derviches ont détourné mes saines et lucides confluences, mes neurotransmissions naguère si fluides.

Or donc, en cette masure aux antipodes de tout azur et sans fenêtres d’espoir tangible de vie en échappées belles, je fixe, par-dessus deux félidés attablés, mon ombre d’épouse sur laquelle a déteint le décor en camaïeu de poussière grise. Murs et meubles en fondu figé confèrent à mon esprit l’odeur d’un présent funèbre. Mais je reste impassible, et la raideur de ma posture ajoute au climat glauque.

Tout ça me fait une belle jambe à vrai dire.. ma femme peut bien crever, disparaître dans les boyaux des chats faméliques !

Machinalement, comme pour donner plus de poids à mes pensées bancales, je porte les yeux  charbonneux vers ma jambe droite et me rends compte qu’elle n’est plus là.

Comment vous expliquer ? Je ne l’ai pourtant pas laissée au vestiaire de la raison, ni au mont-de-vénus de quelque mère supérieure en veine de piété païenne !  Et elle n’était pas de bois. Pas d’un bois dont on taille les pipeaux du simulacre et de la folie mythomane en tout cas !

Je crois me souvenir : elle a volé en éclats de rire quand ma femme, après un baiser volé à son cul, perdit pied en faisant mine de prendre une jambe à son cou pour se confectionner une écharpe d’hiver frigide. En osmose avec moi, elle a alors broyé tibia, fibula, fémur et autres os de sa cagneuse velue pour faciliter les choses.

Et maintenant je la regarde, en équilibre tel un héron de foire aux monstres, qui avance immobile vers le vide-ordures….un suicide est annoncé ! Au fond, rien de dramatique derrière tout ça, et pourtant…

 

Mardi 6h50

 Un corps de femme unijambiste fut retrouvé parmi les immondices, une veuve habitant seule un pavillon de luxe.

  

edouard_divers22

  

Illustration ci-dessus : Skoglund, radioactive cats

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01/06/2010

VISION

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Nous aurons paniers percés de fleurs sonnantes au nord trébuchant, latin de cuisine à revendre, pieds à perdre en alexandrins d’apéritif.

Des étoiles filant droit vers nos mers subconscientes brilleront de mille coraux sur nos vers cuivrés de bonheur simple.

Des vents contraires aux sciences exactes porteront nos esprits fougères à l’ouest, esprits délavés qui s’inclinent au centre urbain de boue, puis loin des solitudes acides et pierreuses aux biotopes de convenance, la saine folie nous grandira.

Le spleen universel grimpera les arcs-en-ciel pour y cueillir le vert j’espère et d’autres couleurs inédites.

Nus sous la pluie pour nous purifier de ses gouttelettes, nous ferons des claquettes avec nos pointillés de silence.

Le soir, nos fenêtres accueilleront l’astre lunaire à bras ouverts de classieux châssis, à contre-nuit des vieux spectres aussi.

Et nous profiterons des éclipses totales pour cultiver le mystère en nos serres privées.

Rêve et réalité se confondront sur l’ex-banquise à cons frigides, en fins cristaux  de communion jouissive.

Avec un soleil de luxe au rayon surgelé de nos carrefours existentiels.

Et l’amour du lointain n’aura pas de prix, et l’après mor-fonte aura raison des prisons célestes en toc toc toc entrez dans le bleu …bonheur illusoire , c’est chiant l’azur uni !

Alors nous soufflerons des nuages en nos cafés quotidiens de sonnets colombins, dédiant pépites aussi bien qu’étrons de poésie à la muse Flamme avec ou sans L pour se brûler, l’espace de quelques secondes éternelles au huitième ciel où nous entreverrons Dieu pour l’oublier ensuite.

En cette mort petite aux fleurs qui sonnent, à ne pas nier le cœur percé de part en part, nous perdrons pied total pour mieux le prendre !

 

edouard_divers22

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