14/05/2009

UN JOUR

 

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Loin des vouvoiements de pommade entre les Mal-
colm X et les blancs clowns Jean-Marie Lepénal,
Je ne jonglerai plus avec les mots-valises
Pour mes voyages immobiles à matière grise ;
En ayant ras le nez rouge de mon Bouglione
Perso, des prières à Pas-d'Bol et la Maldonne,
Je décollerai de ma piste aux étoiles éteintes
Pour souffler aux anges des rires et baisers d'absinthe ;
L'ivresse aura raison de toutes mes attaches,
L'âcre orationnel se diluera dans les taches
Musicolores des chants de peintres aériens,
Oiseaux-lyres en feutre et damoiselles au carmin 
Plumage à dépoussiérer les feux de la rampe,
Spotlights aux palliatifs postiches et poudre à vamp',
La pseudo-foudre aux yeux miroirs de pacotille...
Un jour je tutoierai les anges à la folie.

 

edouard_divers22

 

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11/05/2009

HASARDS D'UN DESERT

 

 

Papiers en bataille
Sable d'emporte-plume

Rateaux de taille

Crayons coups d’pleurs
Si délicats

Si vains si lune
Aux présents
Pressés d'en finir
Mes grimaces

Elégamment

Sévères à liqueur

Pudique au feutre clair
Couvrent de muscles
En rappel hélas 
Une offrande à cordelettes 
Spatiales et tendues
Aux Vénus à l'as
De pique Apollo nul
C’est le zéro

Pointé des fleurs cosmiques

C'est l'amour
Qui fuse en bulle
Et qui blanc vole
Albatros à ma façon
Mais noir quelque part
Je me grise aux billets doux
Pare-fumée d'âcres nébuleuses
En ma désesphère
Et m'entre-love aux brèches et branches
A prières
A voeux rose amour
Et la lumière de l'oubli
Se distille en mots rameaux
Qui s'épanchent à l'envi
Vers le suaire accablant
D'un Merlin seul
Au printemps
Sifflant pur et nu
Comme un vers sans chaussons
Les canicules à venir
Les petits pieds qui s'embraisent
Et ne riment à rien
Les moiteurs désenchantées
Les vents cools d'outre-trombe

Scies sanguines et
Slows-blues mêlés
D'un esprit mollet
Ridé de frustrations
D'un esprit follet
Débridé Follon
D'un paradoxe agile
Et son talon

 

edouard_divers22

 

 

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10/05/2009

A L'ENCRE SYMPATHIQUE

 

vide

 

Je marchais libre de moi,
Sans une ombre et sans écho;

Le vide étincelait, roi
De trèfle à quatre in-folios.
 
Quatre feuilles et quatre points
Cardinaux qui se replient
Sur l'inconnu sybillin
De tables rases, ambroisie!
 
Nectar de l'oubli somnam-
bule et cocon solitaire,
Oubli de litres de sang-
sibilité délétère:
 
Mon sang d'encre versé pour
Quatre ex en quatrains-suppliques...
Béni soit le blanc des jours
Où l'encre fuit sympathique.
 
Perdant le nord, délesté
Des rideaux rouillés de fer
A repasser le passé,
J'exsude, à l'ouest, un  sang clair.

 

edouard_divers22

 

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09/05/2009

DEGLINGUE

 
Marinetttrooop

 

Marinette a

Son lustre passé

Dans le détroit

Des Noeuds Coulés...

 

Son homme éti-

rant la nuit d'un an,

En lustres d'ennui...

P'tit fourreur sans

 

Levain qui se lève

Avec les moules

A gaufres, et crève

La mie de boules

 

En vers d'un bleu

Trop marginal,

Juste milieu...

Ou l'ami râle.

 

C'est plein de toiles

Chez Marinette,

D'escarres navales,

C'est jour-défaite,

 

De chiffons pour mieux

Moucher les cierges

Nus qu'elle asperge...

Crachin blueseux.

 

Son ciel étoilé,

Même en gamberge,

N'est pas tissé...

Fil de la vierge.

 

Dans le plafond,

Une araignée...

Trois mouches au menton

Mal dessinées...

 

Ainsi fait fait

La fêlée mygale,

Trois p'tits fours et

Les mouches avale.

 

Quand rien ne va,

Faut s'esquisser

Des ailes qui dansent,

 

Ou pointiller

Comme en taffetas,

Son noir silence...

 

Quand talent plat,

Se faire croquer

-C'est pas de chance-

 

La mouche à leurre

(De l'escrimeur)

Par une épeire

Folle ou ses pairs,

 

Qui se pavanent

Mygalomanes.

edouard_divers22

 

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08/05/2009

LOUP A LA DERIVE

 

 

Rouge à lèvres sanglant pour les succions goulues

Ton coeur est innocent mais ta splendeur me tue

 

Avant d'ouvrir la bouche en un cercle vicieux

Tu dessines une mouche à ta joue c'est vieux jeu

 

Mais ça m'excite et je me sens pousser des ailes

Blanches comme neige tombée d'un autre ciel

 

Le ciel des jouisseurs, septième à ce qu'on dit

Sans prendre l'ascenseur... enfer ou paradis

 

Le rimmel à tes yeux donne un troublant pouvoir

Tes yeux couleur nuit bleue d'un classieux lupanar

 

Baisoir où l'on succombe à la grâce insolite

D'une nymphe dans l'ombre chinoise aphrodite

 

Crayon ultra-violet pour l'aura des paupières

Ton fard au vent follet m'égare ô ma sorcière

 

Le vent de tes soupirs en vain gonfle mes voiles

Et plutôt m'engloutir que faire une autre escale 

 

Alors je sombre et dans le fond de teint ne vois

Plus ton masque de putain pour loup aux abois

 

Je te vois pure et nue sans strass et sans paillettes

Et pourtant tu me tues, l'amour ça rend trop bête

 

Peinture de William Bourguereau
edouard_divers22
 
 
 
 
 

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06/05/2009

UN HOMME AU COUTEAU

 

Armé d'un long couteau, un homme semblait traquer une proie imaginaire.

Il avait les yeux luisants comme des feux follets et la bouche tremblotante d'un parkinsonien précoce.

A 44 ans mal sonnés, Georges, en rade de la société depuis des lustres, naviguait de nuit comme de jour en eau saumâtre, et certains indices laissaient présager un naufrage inévitable.

Il allait tôt ou tard toucher le fond.

Mais à qui en voulait-il, avec cette arme brandie comme un drapeau couleur pape au négatif, couleur black African blues et charbon de triste mine? Aux dignitaires scatophiles de ce monde septique? A la fosse très commune de sa famille de cathos pochtrons? A l'auteur du Kama-Soutra et cette position du strapontin ougandais qui n'y figure pas? A son marabout, son astrologue et ses deux psys?

Non.
 

Il cherchait à tuer le temps, le crever tel un bulbe de fleur terne, et pouvoir humer des fragrances alors inconnues de lui.

Car il tenait le temps pour ultime responsable de la grisaille inodore ambiante: ne dit-on pas que "le temps c'est de l'argent" et que "l'argent n'a pas d'odeur"?

Quelques miettes de logique lui permettaient d'en déduire que le temps, par conséquent, n'a pas d'odeur, et qu'il convient de le tuer pour se dilater à nouveau les narines en toute plénitude.
 
Illusioniste ponctuel et cynique, le temps s'est alors mis en suspension, puis, couché sur son curriculum vitae, a mimé trois pierres anguleuses en courbe socio-professionnelle ascendante.

Dans sa course folle, l'homme au couteau a trébuché.

De son sang jaillit une fleur.

La Xème en ma serre musicolore, mon cérébranle-bas de combat poétique.

Pour le meilleur et pour le pître.

 

 

edouard_divers22

20:54 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

UN AUTRE HOMME AU COUTEAU

 

 

L’homme s’entaille un doigt pour vérifier le tranchant de l’arme. Puis, léchant sa plaie couleur amour et couleur colère, descend l’escalier sur la pointe des pieds tel une ballerine aux timides entrechats.

 

Sa clandestine amie, alanguie dans les bras de Morphée, gît sur le dos, nue et lèvres écartées,  mais  sans ronron d’apnée jouissive.

L’homme se glisse par la porte entrebaîllée,  main sur la bouche pour étouffer sa respiration qui siffle des couleuvres mal avalées.

 

Il se dirige à pas feutrés de loup-garou dans la remise baignée de rayons lunaires, puis, arrivé à hauteur d'un lit muet, brandit l’arme blanche et luisante au clair de l’astre.

 

En l’éclair d’une semi-seconde, il crève la coupable de ses déboires conjugaux : Sandra la Plastic Doll se dégonfle, et l’homme reprend son courage à deux mains pour l’emballer d’aluminium fidèle et l’apporter, esprit brouillé mais plus zen, à sa tendre épouse et leur camisole de bonheur.

 

edouard_divers22

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04/05/2009

2 AUTRES PENSEES PERSOS

 

 

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21:47 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

02/05/2009

REGARD

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Ton regard m'envoie dans la lune

Où l'absence est appelée Mer,

Où la Terre est un bleu de prune,

Reflet de tes perles à mystères...

 

Ton regard sans fard me chavire

Dans la Mer de Tranquillité,

Moi qui n'avais pour tout dire

D'un seul porte-voix pas assez...

 

Ton regard vrai me porte à faux,

Je m'inscris nu dans le non-dit;

Ton regard neuf touche au cerveau

Comme un silencieux dernier cri...

 

Ton regard marin n'indiffère

Que les aveugles d'Epinal,

Et loin des lieux communs s'affaire

A brouiller les pistes du mâle...

 

Ton regard marrant quand tout pleure

Autour de nous mais quelle aubaine!

Ton regard mouillé quand les fleurs

Vont se flétrir alors me peine...

 

Ton regard en coin me décentre,

Et je perds les bourgeois repères;

Ton regard chaud c'est de la cendre

Qu'on foule aux pieds de quelques vers

 

edouard_divers22

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28/04/2009

CRESCENDO D'E.N.

 
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Dans les bennes...on ne met pas que les ordures...

Avant-cène...des Judas s'attablent en nos murs...

Coeurs de faine...à quoi bon leur presser le fruit sec...

Ces sans-gène...y a plus d'plaisir à leur clouer l'bec...

C'est des hyènes...les charognards ont le coeur blindé...

Pas en laine...crapulls à chenilles qu'on voit bêler...

Très amènes...qui nous rêvent à quatre pattes en laisse...

Comme leurs naines...ces bien tendres moitiés qu'ils rabaissent...

Des Le Pen!...prenons les stylos-plumes, volons pour elles

Des étrennes...en baisers cadeaux, ponts de Noël

Sur la Seine...pour qu'elles se mirent à nos beaux vers

De verveine...et ne saignent plus, des vers d'éther...

Yes but when?...quand bas de soie filent à l'anglaise,

Les Tranxène...Lupin feront des machos leur affaire...

Fleurs "payennes"...sachons les débrider sans le pèze...

Enfin zen...fleurs qui volent, papilles d'adultère.

 

edouard_divers22

 

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26/04/2009

CONVERGENCES

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Quand on ondule au gré de la brise,
Quand malgré les brisures on puise

Des perles fines à l'ondée salu-

taire, et la terre est sèche au cul;

Quand dans le cercle des frigidaires

Amis du glas, songeurs on erre

En courant d'Hermes polyphonique,

Psychédélices à foulards chics;
Quand dans nos mails on déploie parfois

Nos ailes en vers qui vont de soie,

Tussor moiré pourpre étouffant dans

L'air vicié d'étoffes au semblant

Satin, l'hypocrisie sans teint

De miroirs aux alouettes et plein

Des sens on s'abstrait dans l'essentiel

Epluchage on se déplurielle,
On mène éphémères une vie pohème,
On s'ourse-peluche, étoiles en liesse,
Fleurs du Miel initiales FM,
Et nos longueurs d'onde font des tresses.

 

edouard_divers22

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22/04/2009

LE SAUMON ROCK'N'ROLL

 
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Une truite vagabondait d'algue en algue, s'offrant au passage une mini-thalasso, ainsi qu'un bain de jouvence dans le vert j'espère de la chlorophylle.

Téléscopant une anguille géante en exil de Tchernobyl, elle reçut une décharge électrique telle, que de truite de Schubert, elle se mua en saumon rock'n'roll, battant la campagne en quatrième vitesse pour ne pas finir en boîte où l'on ne joue que des vieilles scies de conserve ou des entubages technoïdes à la presse hydraulique.

 Le temps n'était plus aux folâtreries de petit poisson d'eau douce, et le saumon, boosté par les applaudissements de quelques merles moqueurs, gagna la mer où il comptait bien en faire voir de toutes les couleurs aux baleines grises et leur proverbiale connerie.

Ignorant les bancs publics de thons qui se bécottent en amoureux bigleux , notre ex-truite, guettée par les requins du show-biz galéronautique, s'approcha de la première baleine venue à nageoires feutrées pour lui vendre ses produits binaires hérités du blues: "Hello Miss Baleine, vous me semblez bien molle aujourd'hui, et ratatinée comme un paraluie sans armature; je vous échange 3 impros de rock authentique contre votre protection pour les 3 semaines à venir". La baleine, médusée par cette étrange proposition, lui répondit: "C'est quoi, le rock, et qui êtes-vous?". Le saumon: "C'est du solide, du speed, des vitamines, c'est du Schubert sous amphétamines". La baleine: "Je ne vois pas de quoi vous parlez, vous me prenez pour une conne?" Le saumon: "Une baleine conne, mais c'est un pléonasme !" La baleine: "Fichez-moi la paix...oh et puis, si ça peut vous aider à déguerpir, et comme je me sens un peu patraque en ce moment,  je vous l'achète votre pléonasme".

Le saumon, qui commençait à crever la dalle, prodigua quelques conseils à la baleine afin qu'elle recouvre un peu la pêche: "Gagnez la surface, oxygénez-vous bien le cerveau, et dorez-vous la pilule". Et une pilule de baleine, croyez-moi, ça vaut tout un labo de synthèse. De quoi faire un bon gueuleton pour le saumon, une bombance à la Woodstock en se dilatant tous les sens, pour ensuite carburer vers l'océan Pacifique and Love dans une euphorie que même les mouettes rieuses lui envient.

edouard_divers22

 

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20/04/2009

VOUS POUVEZ M'APPELER:

 

 

Charles-Edouard l'ermite, loustic en orbite

...Rien à foutre!

 

Clown aigri par d'ex-carences en coïts

...Je m'en branle!

 

Aux écrits perlés de sueurs perverses

...Je m'en tamponne!

 

Où l'on huile des morues à deux sesterces

...Je m'en fish

 

Artiste sans cachet dont le souffle s'estompe

...Je m'en retamponne!

 

Rimailleur funèbre à côté de ses pompes

...Rien à cirer!

 

Mélalcoolique en autopsy, zombie au rire jaune

...Rien à saké!

 

Masochiste à l'affût d'infâmes amazones

...Je m'en tape!

 

Et guetté par la psychose, cause toujours

...Je m'en fous!

 

Votre équilibre au formol, vos poids lourds

...Je m'en balance!

 

aaaaaaaaaaaaaaaaa

 

edouard_divers22

 

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FAUTE DE GRIVE...

 

DR FUCK & JENNY SUCK

 

Dr Fuck:

Regarde autour de toi:

Le plaisir ça vient ça va;

Ca vient deux coups sur trois, 

Ca va puis...patatras!

 

Vois ma tour à moi,

D'épices and love extra- 

ordinaire n'est-elle pas?

 

C'est mon plus fier appât, 

Qui jamais ne déçoit

Mes pulsions de crachat

Dans ta gorge ou ton chat.

 

Un jour tu te lasseras

De ses prouest-ce bien elle 

Dont tu te souviendras

Sur la terre comme au ciel?

 

Jenny Suck:

Ta queue met de l'huile 

A nulle autre pareille,

Et j'en suçai onze mille 

De mes goulues vermeil. 

 

A la voir se tendre,

La rude et noble masse,

Je ne puis que m'étendre,

Lui ouvrir mon impasse.

 

Dr Fuck:

Suintent les muqueuses, 

Gicle le sperme! 

Je vais te rendre heureuse, 

Mais alors tu la fermes!

 

Les mots ne peuvent

Traduire sa puissance...

Faudrait une langue neuve,

Plus à ma convenance!

 

Jenny Suck:

Tu as raison,

Trêve de verbiage; 

A l'essentiel passons,

Déjà je suis en nage!

 

Dr Fuck:

En âge de comprendre

Que les formes arrondies 

De ton pétard en branle 

M'inspirent la sodomie.. 

 

Allons tourne-toi vite,

Qu'enfin je sévisse

A grands coups de (BIP)..

Tu verras, c'est un délice!

 

Jenny Suck:

A cette besogne impure

Ma cavité ne consent. 

Jamais je te le jure,

Elle ne sera récipient

Du jus de tes ardeurs, 

Va t'faire voir ailleurs! 

 

Ma dignité a des principes

Que ton instinct ignore;

Sache que nom d'un PIPE, 

Tu es un sacré porc!

 

Dr Fuck:

Alors taille-m'en une,

Insondable perle; 

Je suis sans rancune, 

Je mange du merle!

 

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edouard_divers22
 
 
 

              

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18/04/2009

COTE JARDIN

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Mon jardin d’enfance, inodore aux copains à la fibre merdeuse, savait le parfum secret des fleurs d’amour qu’on dévisage à la légère, qu’on envisage au sabre clair. La pelouse étouffait sa toison verdâtre sous la grisaille de leurs projections pesticides, et des cigales de rêve en contralto s’époumonaient dans les dissonances de mes neiges éternelles.

Solitude en poudre que j’éternue aujourd’hui, tel un Atchoum sans sa clique de nains, sur le mouchoir cliquetant du clavier noir. J’y aligne mille et un vergers de fruits défendus, mûrs avatars de ceux cueillis jadis, quand j’avalais des couleuvres, et me lolitaffais des elfes en catimini-jupe, aux strips venimeux. J’y aligne des perce-neige qui, jusqu’au rubis-pistil, s’exfolient le blanc spectral de mes grains de verve abrasive.

 

Mes proches, qui n’avaient de grand que l’estime d’eux-mêmes, veillaient à l’éveil du rationnel en moi, et louaient ma sage introversion, mes pudeurs mal placées comme des feuilles de vigne au cœur, fils barbelés en somme, où s’écorchaient parfois mes butineuses de mystère en une ec-statique électricité des sens.

 

Ils espéraient me voir au chaud dans un moule, mais j’étais croissant de lune, alvéolé olé au fond de moi. Un jour soupe au lait caillé de stress , l'autre souple au lait d'ânesse. Aussi complexe qu’un lacis désolant creusé par des taupes ouvrières myopes mi-folles, aussi complexé qu’un bourgeois dans les formes, et n’osant montrer mon cul aux esprits faisandés du lisier post-pubère, moi qui damoiselais fébrile et chaste à la lisière. 

 

J’entendais parfois dans mon jardin  résonner l’autre chanson de Brel, avec ses vieux potes âgés qui ne sortent plus, au train-train de chiens de garde ou chats loupés, au dadouronron pendulaire, turlutinage à l'occase,  métrognome à venir de crépuscules enchantés où la raison vacille, de vasistas en ouvertures éclair…avant le dernier soupirail.

 

J’étais fille et garçon à la fois, étamine et pistil,  jeune et vieillard, mais jamais je ne serais adulte.

 

Mes échappées belles en arc-en-ciel se plombaient souvent de fiel, car voltefessées par les enseignants, les docteurs de la foi bilieuse, les aide-saignants rectifieurs de tirs , et dont la face de rat dégoûtant me faisait gerber du pissenlit nauséabond, sous formes de pensées caca-boudin. Faux anges gardiens de l’âme qui perturbaient mes fréquences radioactives, mes solitaires bombances aux noyaux de prunes littéraires, ma révolte embryonnaire. 

 

Ces esprits pré-ridés, tantôt frappeurs de dogmes à clous, tantôt martelant les trois coups d'un grand-guignolisme sans impros, je les fuis toujours dans mes aristocratères à fumerolles poétiques, ou  les charge en éruptif Don Quichotte,  pogne-mots directs et gifles-virgules, quitte à me faire mouliner la gueule et la canne à pécher le bon…pour de bon.

 

edouard_divers22

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