12/11/2013

LOIN DES RESTOS DU FOIE

 

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La bouche ouverte ils font gobe-mouches

Dans un bac à sable géant

Ou bien jouent au ramasse-cartouches

Des marchands de fables ambulants

 

Ils cuisent à loisir au soleil

Qui nous boude ailleurs, astre inique,

Leur ventre gonflé de merveilles

Naturelles en vers symbiotiques

 

Ils gazouillent avec la sauterelle

Mangent des yeux leur maman-gâteau

Peut-être une bougie fondrait-elle

Pour leurs yeux lunaires aussitôt

 

Ombres sans plus l'effort d'un geste

En poing levé vers l'odieux sourd

Ils ont des soeurs, stars célestes,

Mais qui s'éteignent au petit jour

 

edouard_divers22

15:56 Écrit par EDOUARD dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

04/11/2013

GEORGES

Il était une fois Georges, fils de rien, petit-fils de pas grand-chose, quelconque lui-même.

George, sagittaire du troisième des cons, et dont les deux aînés dépressifs se traînaient dans le cake au boudin comme des misères en savattes hors-combat.

George, xylophoniste has-been,hanté par le rêve d’accoucher d’une œuvre magistrale qui exhalerait le cristal de ses émotions les plus pures. 

En Georges il faisait froid, une saison n'existant que dans l’hémisphère nord de son esprit, une espèce d’hiver indien, toujours à l’ouest aux yeux des blaireaux pharisiens.

Chaque soir, cette ombre en ciré taquinait la muse à la lueur de flammèches d’espoir.

Les gargotes enfumées avaient sa faveur.

Dans la lumière tamisée de poussières d’hier et surtout d’autrefois, dans la moiteur de corps alanguis sous des rochers de connerie, Georges, s’imprégnant des odeurs âcres et pestilentielles, pensait trouver, entre deux postillons de poivrots, quelques fleurs mentales et autres perles rares.

Car il collectionnait les pensées subtiles au hasard de rencontres improbables, comme celle d’un voleur de baleines de parapluies, qui hurlait sans cesse « cons d’moines» en lançant des œillades coquines à la lune. 

Georges collectionnait les inepties ambiantes pour les transfigurer. Il en vint, par exemple, à la conclusion que le sexe de la femme (le con), était le point commun entre bonjour, la lune et une baleine, lui-même se sentant parfois comme un manche.

Un soir, avec sa canne de dandy au pommeau d’orgueil, Georges franchit le seuil d’un lupanar à la devanture huppée, un trompe-queue pour le quidam exigeant.

Car l’intérieur n’avait rien de cosy, car tout y fouettait le moisi.

Après les civilités d’usage et pré-usinage, une quasi-vieille truie décrépite mais repeinte à la pelle à mortier, lui enjoigna de le suivre au premier étage où l'attendait la surprise de l'année.

Georges monta les steps à pas de loup du stupre, à tâtons de quincouillerie sonnante et trébuchante, laissant une distance respectable entre sa silhouette de foxtrotteur des globes anachroniques et la gargouille qui le précédait. Histoire de humer son slip couleur indéfinie et ses collants saumon d’avarie incontinentale.

Un orage à l’extérieur couvrait ses borborygmes, gaz et fracas d’extase à venir.

Arrivés à l’étage, dans une alcôve très accueillante pour les cancres las de l’amour propre, la créature péripathétique lança à notre intello de sévice : « Mais non mais non, petit coquin, tu n’as rien compris. Si je porte une jupe transputride, ce n’est pas dans l’intention de te faire baver, mais plutôt de t’en faire baver, car me toucher relève de l’impossible. Je suis cette muse autrefois si gracile et planant dans les éthers étoilés de ton imagination qui désormais s’étiole, arrosant de-ci de-là ton jardin secret de perles de rosée cueillies dans les nuages, et conférant à tes compositions des atours qui fascinaient les mélomanes éclairés . A présent, tu vois, je n’ai plus rien de cette nymphe  étrange car j’en ai marre d’être étrangère ici-bas. J’ai enfilé mes fripes les plus racoleuses, aspergé mes aisselles de la sueur griffée Johnny, et je compte bien t’aider à rameuter les esprits des bas-quartiers, même si tel n’est pas ton désir artistique, c’est-à-dire un max de populace à tes futurs concerts de pacotille alimentaire. Les cliquetis de ton xylophone rachitique seront noyés dans une multitude d’instruments bourratifs et tape-à-l'ouïe. La musique en boucles préprogrammées à la presse hydraulique par des champions de la lobotomie culturelle, sera le fruit d’une formule qui n’a rien de secret : comment faire un tube de l’été, celui qui entube à coup sûr les mollassons de la cafetière, les ennemis du ciboulot. Et ton xylophone sera ton image de marque, il ne servira qu’à ça.

Georges, médusé par cette morue, répondit : « Mais pourquoi mon xylophone ?»

-« Car tu es aveugle, ne l’oublie pas, et Gilbert Montagné a déjà un piano ».

 

edouard_divers22

15:45 Écrit par EDOUARD dans Amour, Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |