23/03/2013

TRANCHES DE SENS

    

      J’entends les voix de passantes en collants rose chair et jupes vaporeuses. Vapeurs d’arrière-trains qui me déraillent, vapeurs de steamers féminins glissant sous le vent d’un ciel insouciant.

     J’entends les décibêlements de brebis étrangères, prêtes au dégorgement de leurs dogmes en douceur, mais qui, entre deux éclairs ou croissants,  re-bêlent encore avant qu’un tapis de mousse éponge les glaires.

     J’entends des « oui » de sainteté feinte, des « non» de folie qui s’absinthent, rubis sur l’ongle élimé.

     J’entends les commentaires salés de badauds embagués qui, comme les pigeons, vivent en couples avec des noms d’oiseaux, sans plus s’épancher dans les chocolarmes  après métro-boulot. Mais qui se penchent et tomberaient de leurs branches pour quelques balcons pigeonnants de circonstance au zoo.

     J’entends des gyrophares, et des girafes de foire se tordant le cou pour passer les cornes entre deux ternes grillages et zieuter mes vers bleu électrique, azimutés vers d’Edouard.

     J’entends mais ne vois rien, alors j’écris. 

edouard_divers22

17:31 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |