06/09/2012

UNE PEINTURE

 

 

Cruel sourire en coin,

Œillades à feux follets…

Le portrait se dépeint

Tel un diable à l’arrêt.

 

Cet invincible amant

Des succubes et naïades,

Invite au recueillement

Quiconque, esthète ou Sade.

 

En rade et médusé,

Je contemple le mâle

Qui me toise à jamais

Depuis sa braise en toile.

 

Ultime incarnation

Du créateur céleste,

Il est sa perfection

Par le biais de fins gestes.

 

Car le peintre a hélé

Un ange à chevalet,

L'étalon de beauté

Qui rend tout désuet.

 

Ainsi, par une écluse,

Dieu s’est substitué

Au blabla fard des muses,

En miroir inversé.

 

Et quand l’une se pâme

Aux cieux de l’indicible,

D’autres aux entrailles s’enflamment

En reniant Sainte Bible.

 

Hommes, à quoi bon chercher

A détrôner Satan

Par des roses rouges et

Des poèmes d’antan ?

 

Des théories subtiles

Et fluides, à quoi bon ?

Ce figé sex appeal,

Ce Mal aura raison

 

De nos verbes en dentelle

Et nos proses-tentations,

Nos gris gris de truelles

En chantiers d’illusions.

 

edouard_divers22

15:08 Écrit par EDOUARD dans Amour, Général, Musique | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Je viens poser mes mots maladroits ....Mais j'ai aimé ces quelques vers .....en lisant ce très beau poème , sur la peinture ,je me suis dit qu'il fallait quand même oser vous dire Bravo et merci pour ce talent, cette façon qui vous est propre de jouer avec les mots et en faire de si belle phrases , Ici c'est un régal de lire votre interprétation sur le sujet .

Écrit par : Françoise | 06/09/2012

La peinture t'inspire plus que de saison, Edouard.
Joli texte

Écrit par : saravati | 13/09/2012

La peinture t'inspire plus que de saison, Edouard.
Joli texte

Écrit par : saravati | 13/09/2012

J'aime ce jeu imaginaire, entre l'oeil déshabillé du peintre, et celui de sa naïade, qui se sent désuète...

A bientôt .

Écrit par : soledad | 16/09/2012

je viens de finir par celui-ci et c'est toujours un plaisir de te lire,tes verbes en dentelles prennent la forme de tes émotions. je te remercie pour ce beau partage où tu nous donnes un peu de toi,avec tendresse,Marisol

Écrit par : petite marie | 16/09/2012

Un jaillissement nouveau qui nous fait penser à Félicien Rops et Baudelaire. La forme y est libertaire, libérée, coquine et enchanteresse.
Une autre fleur du mal, encore plus juvénile?

Amitiés,
Marc

Écrit par : charlier | 18/09/2012

Sensuel a souhait
Des mots si bien choisit
Un régal a savourer
encore L'enchantement opère
Merci de ce si beau partage

Écrit par : deleilchristiane | 05/11/2012

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