28/04/2012

BLUES

 

Refrain grisaille que son quotidien,

Aux cordes distendues d’usure,

Le rêveur et son poil dans la main

Bat d’un néant bleu la mesure.

 

Il espère un couplet de fortune

Où le blues qui bâille gagne en force

Ce que son cœur mou de fable en dune

A perdu aux frottis d’écorces.

 

Il connaît bien des arbres à paroles

Dont on taille les flûtes sacrées,

Mais la mélopée du bon blues colle

Un peu, puis la sève est séchée.

 

Il voudrait s’éblueser dans l’ultime

Accord faisant l’unanimité,

Penne perdue d’oiseau géant des cîmes

Qui siffle sa chute en beauté.

 

Mais le plancher des vaches est conforme

A sa désabusée platitude,

Et ses rêves d’ondes chaudes et hors-normes,

Font miroir à perdre le sud.

 

La bouse est son seul plat quotidien

Qu’il partage avec le trop commun

Des mortels et de palier pro-chiens,

Poilus comme un blues à Verdun.

edouard_divers22

 

18:27 Écrit par EDOUARD | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |