16/07/2011

CHANSON SANS REFRAIN



Les cheveux De Rebella,

Nocturne cascade à rêves

Où tremblants, mes jeux de doigts,

Trahissent un vide où je crève.

 

Les cheveux de Rebella,

Claque au vent d'hiver-j'expire,

Dont le charbon par gros froid

Me tisonne au temps d’écrire.

 

Les cheveux de Rebella,

Miroir ondule idéal,

Mouroir adulé parfois

Par le sage en bacchanale.

 

Les cheveux de Rebella,

Ça tombe en rideaux de pluie

Sur ma page où le blanc cas-

sé se casse en Lotusie.

 

Les cheveux de Rebella,

Mon encre aura la couleur

D'un éclat chinois sans loi,

L’anarchignon de mon cœur !

 

 

edouard_divers22

 

 

12:09 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

15/07/2011

Moi et mes frères à la trompe mutilée

 

Mon frère Alexandre-Philippe, à la trompe mutilée, me dit un jour: «Vois ce monde, comme il est paisible et beau. Ecoute le gazouillis des oiseaux, enivre-toi de musique et goûte aux plaisirs simples de la vie; sème à tous vents tes petits grains de poésie, cueille l’amour et sa rosée printanière, ouvre grand tes papilles aux fragrances et saveurs de notre petit paradis. Mais de grâce, arrête cet insupportable tic: à force de te tirer sur la trompe, tu vas finir par marcher dessus ! Tu as certes une mémoire d’éléphant, mais pas le calibre. Tiens-toi donc plus tranquille avec ton mètre soixante-huit de silhouette androïde ! Reste à l'ombre en ce parc fleuri et surtout n’en sors jamais. Car ne l’oublie pas: tu fais partie d’un millier d’élus xénosilutiens dont la planète a implosé peu après votre exode. Nous t’avons adopté sur cette Terre et dans notre famille par bonté pure. Nous te considérons désormais comme un membre à part entière.»

 Mon frère Raoul renchérit: «Mais pour ceux qui vivent au-delà du grillage, t’es rien, tu vaux que dalle, tous des xénophobes qui peuvent pas blairer les spécimens de ton espèce à la mords-moi-l’neurasthénique ; alors fais pas chier et ne fiche pas la honte à toute ta famille, Elephantman, sinon on t’emmène à la foire et pas en tant que spectateur, ça nous mettra dans les épinards du beurre.»

 Depuis lors, je vis cloîtré entre la grisaille d'une aide-soignante acariâtre, un ciel barbant à la longue et des arbres en carré pour seuls horizons.  Avec ma mère adoptive et mes frères à la trompe mutilée qui me rendent visite une ou deux fois par an, histoire de se fendre la poire en me filmant pour un machin qu’on appelle Youtube.

edouard_divers22

11:32 Écrit par EDOUARD | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

11/07/2011

DANS UN MAGASIN DU CAIRE

 

Dialogue entre deux statues en vitrine: Toutankhamon et Néfertiti

 

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T: Ecoute...moi, tous ces mecs qui font du lèche-vitrine, ça m'énerve ! Ma tête à couper qu'ils ne viennent que pour toi et ton profil dénudé. Ca les fait saliver tous ces vicelards !

N: Ce que tu peux être bête parfois, avec ta tronche aussi figée qu'une chanteuse coulée dans le botox ! Ta jalousie te jouera des tours. Si j'étais si appétissante, ça fait déjà longtemps qu'on m'aurait achetée.

T: Tu n'as rien pigé ! Toi, tu es la statue témoin. Ce sont tes doublures qu'on achète, et elles sont stockées dans l'arrière-boutique.

N: Quooiii, on a osé me cloner??

T: Tu te croyais unique, hein? Et bien non ! L'erreur est statuesque, comme aurait pu le dire César le compresseur pour ciné-stars. Tu n'es toi-même qu'une réplique aussi, mais je t'aime.

N: Et toi?

T: Moi idem: je sors d'un moule à statues; on est tous deux de fabrication industrielle.

N: Ca alors, tu m'en bouches une brèche !  Il faut en finir. J'ai envie de mourir enfin... mais ne peux point. je voudrais me briser en mille morceaux, au moins ceux-ci seraient-ils originaux !

T: Tu n'as qu'à prier pour qu'une grenade nous tombe dessus: on n'est pas loin de la guerre civile, paraît-il !

N: Ne parle pas de bonheur, je vais encore déchanter si rien n'arrive...

T: Et bien ferme-la en attendant, ça me fera des vacances !

 

edouard_divers22

12:13 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

05/07/2011

L'OISEAU-LYRE ET LE PIERROT

 

 

Un pierrot lunaire au soleil se les gelait dans le plus simple appareil, quand, soudain, un oiseau-lyre à plumes hirsutes vint le décoiffer, battant de l'aile en catastrophe et gazouillant des apostrophes.

Le pierrot, rare oiseau qui plie aux vents mais ne rompt pas la conversation, s'enquit des couacs de l'oiseau-lyre et lui proposa de l'accorder, moyennant une plume trempée dans l'azur pour se bleuter le coeur.

L'oiseau des îles ôta de son panache un bébé plume et le tendit au pierrot, peu désireux toutefois de se faire un mini-bleu.

"Que ferais-je avec cette minable plumette, espèce d'oiseau clown triste !", dit le pierrot. "Le bleu que je veux doit en mettre plein la vue à l'oeil lunaire de la nuit cyclope et ses paillettes étoilées ! Prête-moi ta plume la plus auguste et je t'accorderai la lyre !"

C'est alors qu'il arracha la plume du contre-ut, réduisant l'oiseau-lyre à un oiseau tout court, car sans la plume en question, l'instrument se volatilise.

Complètement délyré, l'oiseau des îles fondit sur le sexe du pierrot pour lui picorer les graines orphelines; mais ce dernier, plus réflexif que réfléchi, eut la présence éclair de placer la plume comme en bouclier, croyant parer les coups castrateurs du bec en folie.

Ainsi fut inventé le parabec, dont aucune autre trace ne subsiste dans l'histoire du monde, ses oiseaux des îles et ses asiles.

edouard_divers22

 

 

 

 

13:59 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |