21/04/2010

NAISSANCE MUSICALE

  

Pour moi ça baigne, et pas que dans le liquide amniotique. En boule il fait bon vivre aux crochets d’un cordon. Lentement je prends forme, un garçon semble-t-il.

Mais ne brusquons pas les choses de la vie, service trois pièces et bijoux de famille : profitons de ce préambule asexué de l’existence. Profitons des ondes  bienveillantes me couvant de plumes euphoniques en piano de satin.

Ah quelle extase pré-natale, et ces balancements de plaisance, tel un yacht en Mer de Corail, me laissent présager d’un avenir aussi radieux qu’un soleil de pipelette en voix d’extinction, une vie à la fois trépidante et douce, un nid de pétillance en douillet champagne aux bulles irisées d’azur existentiel.

Le temps passe, l’ennui ne me gagne jamais. Pas de nord à perdre ni de latin : je me laisse guider sans autre langage que l’amour.

Tiens, des voix de sirènes quelque peu étouffées ! Un envoûtement qui m’aimante à l’eau vive !  Un diabolo menthe au loin se profile et tête en avant, je me propulse à l’air libre du vert j’espère.

Mais voilà, je me retrouve au milieu d’algues marines certes accueillantes , mais en queue de poisson déjà dépassé par les événements : je me croyais bébé génie du genre humain, futur expert en grisantes matières, et je ne suis que le petit de la truite de Schubert !

Il me reste alors à vagabonder dans l’indifférence générale, vagabonder dans la méli-mélomanie d’un monde rappeur à troués fromages et chats bottés de trop juste milieu, monde carrément technoïde et métalleux,  sans trouées de démentiel bleu !

 

 

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edouard_divers22

 

 

 

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07/04/2010

FLEURS PERSOS

 

 

Toi qui sais les fleurs

Et les bénis

En les chantant

 

Toi qui sais par coeur

Les fleurs d'esprit

Les fleurs des champs

 

Toi qui serres en pleurs

Le pissenlit

Des malvoyants

 

Leur sers un bonheur

En eau-de-vue

S'il fait crevant

 

Cercles de couleurs

Leurs yeux battus

Quand hurle vent

 

Voici mes fleurs:

 

Bleuets d'outremer

Pour les yeux gris

Des fleurs pépères,

Fleurs d'établis...

 

Iris en printemps

Soixante-huitard

Aux grincheux flans,

Fleurs de boudoir...

 

Audibles pensées

Sur papier flash

Aux fendus lâches,

Fleurs de WC...

 

Passeroses à mouchoir

Pour les yeux tristes

Des fleurs autistes,

Fleurs de parloir...

 

Clochette et pâquerette

Pour les yeux durs

Sourds aux mouettes,

Fleurs d'embrasure...

 

Lys entrelacés,

Dégelée royale,

A l'oeil chambré

En cave nuptiale...

 

Dalhias composés

Aux cristallines

Voix dévoilées,

Fleurs de vitrine...

 

Chant de corolle

Quand moi si sol,

Mirettes blafardes,

Fleurs de mansarde...

 

Strip coquelicoquin

Pour le youpin

de fantaisie,

Fleur de ma vie...

 

Reste telle quelle

En ce réduit

Qu'est mon esprit:

Une IMMORTELLE !

 

edouard_divers22

 

 

 

14:31 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (24) |  Facebook |

04/04/2010

TIRAILLEMENT

 

 

Swoman

 

 
Je m'écartelais entre Dieu
Et Madeleine au bain-marie,
Je bouillais d'impatience en feu-
lant boîteux cantiques, aujourd'hui...
 
Je diverge en penchants glandeurs,
Bretelle à mon itinéraire
Pas si culotté, j'ai bien peur
De zipper Dieu dans cette affaire.
 
Je m'écartèle entre telle et telle,
Me crucifixe à deux amours;
Pieds joints cloués au point du jour
En suspension, leurs cieux m'appellent.   
 
Si j'allume autant de saints cier-
ges que mes flammèches à langueurs
Damnées, je crame églises entières
En érotomanque et pour l'heure...
 
Je contemple les cons du temple
Au rayon X, Radio Géhenne,
Et ne capte sous les robes amples
Aucune onde où noyer ma peine.
 
Je sue mon strabisme indécis,
Surplombant travées sombres et chaises
A culs zombies, à culs bénis,
Mon encensoir crache aux cimaises.
 
Ma croix de café vermoulu
Se fendille et le bois d'occase
A la tremblotte au soir velu
D'écuyères en campagne rase.
 
Motus et bouche en rase-mottes,
Mes rêves ont le fil décousu
D'avrils où Judas Iscariote
Me vendrait son chevalet nu
 
Pour peindre à contretemps mes voeux
D'envol païen sous l'édredon
D'ubiquité, planter prie-dieu
Et nefs à vif pour un plongeon
 
Synchrone en deux chairs à pécher,
Deux toiles à la blancheur sans nom;
Vider ma palette, empaler
Les succubes au pinceau fripon.
 
Me délester des croix gommées
Dans le bubble-gum amnésique,
Me dé-tester l'endurance et
Changer l'eau de rose en colchique.
 
Perdre l'auréole à goûter
Mes récréations vénéneuses,
Prendre mon pied à l'étrier
De deux cavalières en danseuse.
 
Enfin renaître en fol artiste,
En magicien comme autrefois,
Multiplier peintures où Christ
S'en donne à crue verve et queue-joie.
 
edouard_divers22

14:47 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |