11/03/2010

COURRIER

 
 
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LETTRE DE GWENDOLINE A STEVEN


Souviens-toi mon beau coreligionnaire anti-clérical, mon légionnaire anti-militariste et poète, souviens-toi de cette nuit d’hiver où tu déployas tes talents d’artiste maudit pour faire entendre raison aux pouilleux poivrots qui m’importunaient de leurs mains baladeuses en ce bistrot qui sentait l’alcool et les effluves mélangées d’âcre tabac, vieilles sueurs et haleines fécales. Souviens-toi de ce connard musculeux qui te fit un bras d’honneur quand tu entamas un quatrain moralisateur en octosyllabes bien frappées…Toi tu rimais avec aisance, lui, sa vie ne rimait à rien. Il voulait juste m’attirer dans son pigeonnier, et pas pour me tirer les cartes ni me lire le fameux Discours de la Méthode dont tu me rebattais les oreilles avant ton examen de philo. Souviens-toi quand il vida sa chopine sur ton crâne déjà tonsuré, alors que tu te lançais dans une envolée lyrique évoquant les Polonaises et Mazurkas de Frédéric,  à danser sans se cogner ou se rentrer dedans, bien loin du pogo ambiant. Souviens-toi de cette parole que tu osas : « Vous Monsieur, je vous en prie, un peu de tenue ! »..Ce sur quoi il asséna sur ta gueule d’hostie quelques coups aussi bien frappés que ta poésie. Et bien ce gars vient de me plaquer. Je m’explique : pendant que tu gisais KO sur le sol comme un étron de caniche, je fus séduite par sa force virile et pris la poudre d’escampette, non sans vider au préalable tes poches. Blonde mais pas conne ! Nous vécûmes quelques années dans le péché de chair le plus exquis, puis, comme à présent j’ai le visage aussi crevassé qu’un terrain miné, il est parti  en avril chercher des cigarettes pour ne jamais revenir au poulailler. Alors, si tu veux toujours de moi, et que, malgré le temps qui passe mais n’efface pas tout, tu caresses encore quelques rêves où je satisfais tes pulsions d’éternel puceau dans l’âme, écris-moi en retour, et nous aviserons.


Gwendoline


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REPONSE DE STEVEN

« Les souvenirs se ramassent à la pelle », écrivit Prévert, et des pelles nous nous en roulâmes, je me souviens,  et dans les prés verts comme dans les terrains vagues, roulâmes en nous consumant de baisers volupté XXL. Jamais je ne pris ombrage de ce soir où tu me fis la nique avec ce vulgaire pique-assiette pour aller te faire pique-niquer le petit panier dans un coin que je suppute sordide. Avec mon faciès digne des Picassos les plus dysmorphiques, je compris ton choix. Loin de moi toute forme de rancune. As de cœur du pardon, telle est ma qualité première. Aussi posai-je l’an passé ma candidature au Vatican, pour être béatifié de mon vivant….on ne sait jamais : les Papes ont besoin d’une publicité tapageuse afin de rameuter les ouailles égarées. Pour conforter cette candidature, lui donner le poids céleste requis, je fais partie d’un groupe de rock chrétien, Pop Louange, dont le flûtiste n’est autre que ce bagarreur qui récolta tes traîtres suffrages et tes faveurs câlines. Je m’explique : nous nous rencontrâmes un soir de moiteur post-caniculaire dans les Alpes, lui en désintox avec les prêtres loubards, moi en cure thermale avec mon petit ami Claudick, ex-claudette et transsexuel que je sortis du ruisseau lors de mes pérégrinations chagrines au Bois-de-Boulogne en lui chantant, juste après notre rupture, " Viens à la maison, y a le printemps qui chante ". Mais une hirondelle pétée ne fait pas mon saucisson printanier, alors quand ton ex-racaille en cure alpine vint me demander du feu pour rallumer son mégot, nos yeux se croisèrent, se figèrent, et une flamme de désir instantané y ondoya…nous partîmes « dard-dard » main dans la main, par monts et par veaux d’or à la Sodome et Gomorrhe, laissant les prêtres loubards et mon pauvre Claudick sur le carreau. Voilà, maintenant, tu sais. Alors si tu veux faire choriste au sein de Pop Louange, tu es la bienvenue. Mais prends garde : ne daigne pas toucher au corps de mon flûtiste, ni même effleurer son hautbois, car je te cognerai comme un tambour et tu verras scintiller toutes les étoiles, mais pas celles de Noël ! La myrrhe et l’encens, ainsi que l’or de ma poésie, je les réserve à mon Raoul chéri.

 

Steven

 

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15:03 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Commentaires

Chers visiteurs et amis, ayant peu de temps devant moi, je viendrai vous lire et commenter très prochainement. Merci de votre compréhension.

Écrit par : Edouard | 11/03/2010

superbe et belle fin de journée!!! ....amitiés!!! tu viens quand tu sais!;-)

Écrit par : marylène | 11/03/2010

Bonjour, Et bien un moment donné, je me suis demandée si tu revisitais les lettres de Sand à Chopin... façon 21 iem siècle...LOL
Chacun à sa vision des choses, et surtout des ressentis bien différents.

Je te souhaite une bonne fin de jeudi, ensoleillée, mais encore bien froide...pff! Gris bisous.

Écrit par : SOLEDAD | 11/03/2010

Coucou suis navrée, il y a longtemps que je ne suis venue te voir, bon là dans l'immédiat j'ai une excuse.... grosse tempête sur l'atlantique je sais tu as regardé la TV, enfin pour t'expliquer que je suis à la bourre dans mes visites.
Bisous amicaux
Marie

Écrit par : Marie | 11/03/2010

Ahah, j'ai gouté ce texte comme une bonne fine.
Amitié
Thierry

Écrit par : Thierry Benquey | 12/03/2010

Un petit clic chez toi... chez toi mon cher Edouard comment vas tu?
Chez nous l’heure est au partage et à la solidarité il le faut bien
Bon week-end et semaine avec en espérant la douceur du temps au bord du printemps
Bisous douceur
COCO !
http://cedricangel.skynetblogs.be

Écrit par : COCO! | 12/03/2010

Bonsoir Edouard extra extra les mots volent d'une manière incroyable
images d'ambiance assurée

Bisous et bon week-end

Écrit par : nays | 12/03/2010

Bonjour Edouard,
je me suis gargarisée dans tes mots et les jeux de tes deux acteurs ,ha!!!j'adore je t'aime moi non plus , recollons les morceaux pour repartir mais pas avec celui qu'on imagine ,les histoires d'amour finissent mal en général ,mais ne dit-on pas que tout fini en chansons alors ceux-là décode la partition .
Je n'ai pas laissé de com sur les précédents , que j'ai lu avec tout l'intérêt que tu sais (ménage toi quand même un peu de temps pour rêvasser!!)
Mon trouvère je t'embrasse .

Écrit par : françoisedu80 | 12/03/2010

Bonjour Edouard.. J'ai lu avec un grand plaisir cette étrange conversation...Peut il exister pareille situation...il est vrai qu'on ne s'étonne plus de rien maintenant !
Vient quand tu veux, la porte est toujours ouverte...
Gros bisous et à bientôt

Écrit par : Chadou | 13/03/2010

Et bien que de choses que tu m'écris!!!!!!! Plus que certaines belles-familles (x ) en 8 ans ;-) waouw!!!!!!!!!!!

Écrit par : marylène | 13/03/2010

une fois de plus tu nous surprends...
bon dimanche bye bye

Écrit par : ~?~ | 14/03/2010

La situation s'est retournée et la belle reste sur le tapis!
Mais voila qu'il fait la même erreur que sa blonde , il choisit un partenaire qui n'en vaut pas la peine et lui n'a même pas l'excuse d'être blonde :-)

Écrit par : Pâques | 14/03/2010

oui je pense être calme mais je suis une grand râleuse mais tout passe très vite, j'ai seulement piqué 2 colères dans ma vie !! lollllllll et encore je n'ai rien cassé

bises et fais bien tes exercices

Écrit par : nays | 14/03/2010

Just for a little play , there is somethng in my "blog" about US! The strange people like Or, , and.......................me;-) (vraiment bien vu et lu cher Edward about who i am:-)))))))))) euh Mister Benquey just play with you and only YOU? je sais quand je montre un de mes NOMBREUX visages, je deviens une vraie petite peste selon certaines légendes littéraires, kiss for u , Edward, prénom terrible;-)

Écrit par : marylène | 15/03/2010

Something, sorry for error;-)

Écrit par : marylène | 15/03/2010

J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer Edouard... Je viens d'acquérir un lopin de terre non loin de chez moi que je vais convertir en refuge pour les loups, tous les loups !!! Si tu vois ce que je veux dire... et crois moi, dans cet eden pour canidés rien ne sera vulgaire ni hurlements stupides à la lune. Tout ne sera que caresses et voluptés bien naturelles dans le respect des non conventions de l'art des coincés. Reviens-nous vite Edouard, le temps d'hiberner s'achève et le temps de louvoyer coquin est venu !

Écrit par : Or | 17/03/2010

j'ai eu la même pensée que Soledad
chaud chaud

Écrit par : Anne Bilou | 17/03/2010

Les commentaires sont fermés.