22/02/2010

CAMBRIOLAGE

 
 
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Il était à peine plus de midi quand un nuage de lait signé Georges Vashkiri fut dérobé au Musée Contemporain Des Nues. Ce nuage sans prix, en suspension au-dessus d'un café noir signé du même artiste, ne tenait qu'à un fil. Et c'est désormais ce cambriolage inédit qui donne du fil à retordre aux enquêteurs.

Car à qui profite le crime? Là réside la question première ! A un météorologue fantaisiste et décalé, à un amateur nébuleux d'art contemporain, à un pisse-vinasse repenti ayant perdu sa vache à lait?  Mystère !

L'inspecteur de police lui-même en perd le nord, et ne sait plus à quel saint ni à quel point cardinal se vouer. Lui pourtant si rusé, débusqueur de parachutes dorés sous les tables fiscales vermoulues, traqueur de dealers aux quatre vents semeurs, croqueur de braqueurs et de coeurs braques aux crimes passionnels  et pas si Noël que Pâques en croix...

L'inspecteur a d'abord interrogé le directeur du musée, Pierre Nimbus, qui, de par son patronyme, cadre bien dans ce décor sans cadres et autres carcans, les oeuvres d'art étant d'apparence libres comme l'air .

Pierre Nimbus est déchiré, il pleut des "pourquoi?" d'incompréhension totale: "En vingt-cinq ans de carrière, je n'ai pas connu le moindre vol, ni le moindre acte de vandalisme, affirme-t-il, pas même un viol dans les commodités. A peine deux ou trois gobages de mouches à merdouille contagieuse en été. Notre musée, où les visiteurs déambulent bouche bée devant les oeuvres insolites, n'a jamais failli à sa réputation d'imprenable forteresse...et patatra ! Cette histoire de nuage vient à point nommé pour assombrir mon azur professionnel !"

La concierge non plus, de prime abord,  n'en revient pas.  Elle qui rogne sur ses heures de sommeil pour veiller à la bonne marche de l'immobile tour de rêves.

Puis, à la 126ème question de l'inspecteur, elle prend son air ampoulé d'illuminée des basses-cours pontifécales  pour dénoncer, la mort dans l'âme et l'intestin noueux, sa chienne Scara, elle qui rognait sur ses os plutôt que sur les heures de sommeil pour monter la garde. Interrogée par le biais d'un interprète canilingue, la chienne ne daigne pas lâcher le morceau. Mais à l'analyse de sa truffe, elle s'avère l'auteure du forfait. Une chienne iconoclaste, une dissidente du régime contemporain de sa maîtresse priseuse d'un art qui fait tabac chez les snobinards, une rebelle sans doute, espérant recouvrer un semblant de liberté en avalant le nuage de lait, ou un semblant de pureté, de blancheur dans sa vie de labrador noir comme l'encre d'un nègre dépressif de Sullitzer !

 

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edouard_divers22

14:26 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

09/02/2010

ESPOIR PHILOSOPHAL

 
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Il faut pouvoir se cueillir
Et se re-cueillir aux cieux
En fleur hippocampe au pire,
En pur chant Pégase au mieux.

Il faut sa grisaille écrire
Au capot d'auto-censure,
Pour dans la brume à venir
Chercher l'or à l'horizur.

A l'oraison des funestes
Pluies de routine et rustines,
Se pneumatiser un zeste
De ciel citron, d'azur green.

Filer à l'anglaise en terre
Inconnue des murs souvent,
Et se mûrir aux lumières,
Et se mourir au printemps...

Dans l'extase en fleur des nues,
S'ouvrir aux jardiniers purs,
Et ne souffrir à la mue
Que les magiciens d'azur !

edouard_divers22

 

16:32 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (32) |  Facebook |

03/02/2010

PETITE MORT

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Il pleut des coeurs et ton cul pleure
Des fontaines aux voeux d'osmose,
Des fonts baptismaux, cris-douceurs
D'un baby love en apnée rose.

 

Adieu respiration factice

Des odeurs de sainteté,

Coke en pâte et lignes à sniffer

De conduite au droit supplice.

 

Il pieute un choeur d'accords majeurs

Où nous passons l'harmonie
A gauche, où l'on se lit se meurt
En braille, aveuglés de vie. 
 
Comme un décollement de routine
Au seul mode intempestif,
Un décalement de nos rétines
Au pressant du subjonctif:
 
Que l'on s'en aille au diable si
Fins péchés rutilent en bas,
Que l'on se taille loin des cieux pri-
sons gras pastel et fissa !

 

edouard_divers22

 

12:43 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |