25/01/2010

Péché de Godefroid Triste Bouille

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I

 

 

 

 

 

La nuit je bâtirai un  grand château de cartes,

 

Et t'y enfermerai de peur que tu ne partes;

 

Alors je retiendrai mon souffle d'éreinté

 

Par tout ce vain labeur empreint d'absurdité...

 

 

 

Lasse, tu viendras te suicider dans mes rêves

 

Pour accorder au noir supplice un blanc de trêve;

 

Il est hélas des impossibles jalousies

 

Qui font perdre la carte...sans trouver l'amnésie.

 

 

 

 

 

II

 

 

 

 

 

J'irai m'éclipser dans mes châteaux en Espagne

 

Si l'obsession de te perdre à nouveau me gagne;

 

Des fabuleux portails je baisserai les herses,

 

Sans redouter le froid bleu ni la folle  averse...

 

 

 

Averse d'archers rivaux, averse d'injures,

 

Aversion sans fondement pour coeur sans armure;

 

Puis las d'être cocu reclus dans mes chimères,

 

Je passerai de l'oubliette aux meurtrières...

 

 

 

Et ta froideur et tes manoeuvres de vipère

 

Verront de quel bois se chauffe un sagittaire;

 

Archer dans le désastre invincible en décembre,

 

Malheur à l'esprit pour qui tes reins se cambrent!

 

 

 

  

 

  

 

edouard_divers22

 

 

 

10:39 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (24) |  Facebook |

19/01/2010

UN PAUVRE LOUP

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Juillet 1974

Un loup hors normes, un extradé de la meute grognante, errait dans le bois joli. Parfois, quand au loin se profilait quelque biche, ses poils se hérissaient et il piquait un fard, une timidité maladive lui nouant les entrailles. Alors il rasait les mûres et les groseilles, se cachait dans les taillis les plus touffus pour s’extirper de petits chapelets marrons sa frustration, puis reprenait sa route au parcours non fléché, sur la pointe des pattes afin de ne pas perturber le chant des oiseaux. 

Tenaillé par la faim, rongé par le sentiment de n’être qu’un fauve à part, il succomba de fatigue et se laissa choir dans une flaque de boue sur laquelle dansaient des moustiques.

C’est alors que s’en vint une créature boiteuse armée d’une canne vermoulue, défraîchie et mal rasée, faisant tressaillir de ses crachotements le pauvre loup qui , dans son sommeil, se rêvait petite chienne née le cul dans le beurre et dans la chihua-ouate.

Dans son langage canin, il balbutia un « Qui va là ? » ridicule.

La vieille rombière n’ayant connu que des chiens dans sa chienne de vie, et connaissant par conséquent  les rudiments du langage loup, qui est au latin ce que le chien est au français, lui répondit : « Je suis Mère-grand. Regarde mon p’tit loup, j’ai gardé la laisse de feu mon époux qui me cassait les burnes à moi sa femme qui ne cassais rien non plus. Alors je te l’enfile et on va faire une promenade ensemble, tu pourras renifler tout ce que tu veux, te délecter de toutes les senteurs naturelles, et, si tu es sage, nous irons voir le Chaperon Rouge, un être exquis ! ».  

Sans sourciller, le  loup se laissa guider jusqu’à la chaumière du Chaperon. Mère-grand frappa à la porte, et l’on entendit hurler : « Entrez nom de Dieu, et essuyez bien vos pattes ! ».

 Le loup, dans ses petits souliers, tout timoré, ne put s’empêcher de dévisager le Chaperon rouge de vinasse, aux dents de requin, au regard exorbité, injecté de sang. Il lui dit :

-Comme vous avez de grands yeux ! 

Le Chaperon : « C’est pour mieux vous envisager, mon loulou ! »

-Comme vous avez de grandes dents !

Le Chaperon : « C’est parce que je suis une chaude lapine, mon loulou ! »

-Comme vous avez une grande queue !

le Chaperon : «  c’est parce que je suis une drag-queen, mon loulou ! »

Le loup, sentant le coup fourré de langues inquisitrices, voulut s’enfuir, mais Mère-Grand lui asséna plusieurs coups de canne qui le mortifièrent un instant, puis lui procurèrent un certain plaisir irradiant le bas-ventre. A la fin, il en redemanda, sur un ton de supplicié de l’extase, quand, par la fenêtre entrouverte, une voix de bûcheron bien viril se fit entendre : « Alors les folles, on s’en donne à cul-joie avec ce pauvre p'tit loup ? Z’avez pas honte de le dévoyer ainsi ? Allez, viens avec moi, je vais t’initier à ma bûche. Après tout, dans cent-vingt jours, c’est Noël ! »

 

edouard_divers22

 

 

12:48 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

12/01/2010

ROCK DU RENOUVEAU ?

 

 

Texte écrit après la vision d'un reportage sur le "rock chrétien", di aussi "pop louange", qui s'inscrit dans la mouvance du renouveau charismatique, et que personnellement je trouve grotesque, non parce que je suis agnostique, mais en raison des poses adoptées par les chanteurs, la transe qu'ils suscitent, et le contenu  mièvre et bien-pensant des morceaux .

 

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En les priant de communier en joie charismatique,

Et se laisser souffler par l'Esprit Saint l'esprit critique,

 

Il prêche aux fans convaincus des credos de quatre sous;

Chanteur engagé mon cul, c'est de son dieu qu'il se fout!

 

Avec ses pieux cantiques au rayon X il revendique

Surtout la gloire, un mieux-être dans son froc et son fric.

 

Bras en croix sur piédestal, il prend cent fois les airs fous

D'un grand messie à métal, ses airs ne valent pas un clou.

 

Sa muse est électrique, un sous-Zeppelin à la dérive,

Un bubble-rock sans fraîcheur menthe au Jardin des Olives.

 

Il arbore en médaillon Jésus sur pectoraux nus,

Qui s'en balance au fond de ses déhanchements peigne-cul!

 

Cheveux laqués d'argent lunaire, auréolé de spots,

Il se dandine et son derrière a pour l'essaim la cote...

 

Essaim de vulves qui se purgent à grands jets d'eau bénite,

Et de joyeux glands de Panurge extasiés par sa frite.

 

Ce barde F M inénarrable aux cris préhystériques,

Farde les clichés du Pape en verve micro-cosmique.

 

Il hurle à mort "paix sur terre aux hommes de bonne volonté",

C'est du pain béni les frères, pour moi railleur patenté.

 
heureuxcommeça
 
 
edouard_divers22
 
 

 

11:24 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |

07/01/2010

LOIN DES VIEUX DRAPS COMPLICES

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La soirée s'annonce amère au front qui se plisse...

Mise en plis noir de jais pleuré tes clins d'oeil;

Deuil de toi biche au pied leste au fond quel supplice...

Sous plis se décline à l'infini ton orgueil.

 

Mes rancoeurs à ton égard seront lettre morte...

Qu'importe l'heure où tu m'offris de planter

Des jardins de volupté qu'autres bises emportent...

Seul te reste le chiendent pour m'évoquer.

 

Tu m'as planté comme un saule éploré sans choix,

Pour un long fleuve altier tout nappé de  bromure...

Un soir y mis les "voilà fini" mais te noient

Les remords voilés d'une impossible luxure.

 

Ta vie n'est que luxe et confort aseptisants,

Loin des vieux draps qu'on plisse en tenue d'Eve...

Et s'il te faut remordre à contre-coeur dedans,

N'apporte pas le trognon pollueur de rêves 

 

trognonpommeqqqsss

 

edouard_divers22

 

 

14:51 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |