30/10/2009

UN ANE

 
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L’âne en avait plein les naseaux : les fumerolles inhalées à la moindre occase le rendaient plutôt nase, vertiges ascensionnels et hauts-le-cœur en alternance.

Son maître, qui plantait du cannabis, en eut vent.

Il le gronda, car vu les récoltes chiches, il frôlait déjà la rupture de stock.

C’était la croix et la bannière pour que pousse un carré d’herbes folles.

La vie de l’âne, qui surfait sur les terrains vagues en divaguant, n’était rien que blagues et dérision dans le formol. Formol ambiant qui conservait sa flemmardise à toute épreuve, et faisait le désespoir de son maître.

Alors, s’il goûtait de surcroît aux paradis artificiels, on ne pourrait désormais plus rien en faire, à part le placer dans la crèche en vivante figurine christmastique, à défaut de charisme.

« Il faut le tenir à l’œil », se dit le maître, dont la pupille gauche dilatée trahissait une consommation abusive d’amphétamines, de prières à Notre-Dame-Des-Sept-Douceurs et autres pilules d’extase en toc. Ces mêmes pilules déjà responsables de la mort prématurée de son épouse, par overdose d’un désespoir à cornes acidulées. Fauchée dans la fleur de l’âge avant les flétrissures des pétales dorés de poésie, avant la cellophanisation d’un  monde portant fier et haut sa calotte d’hypocrisie glacée.

Alors le maître, soucieux de ses plants de cannabis et du bien-être de l’âne, lui parla de l’arbre magique, dont les feuilles poétiques se mâchent en rêvassant, et que l’on digère avec un verre de liqueur au miel récolté dans les ruches de l’amour. Un arbre-symbole, poussant tel un phénix en filigrane de pages non recyclées, comme pour venger Dame Nature fauchée, mutilée, transformée en confettis d’espoir au milieu du prémâché de mascarade.

Substituant la verve à l’herbe, l’âne y prit goût, et traça son chemin de traverse en petits pieds d’alexandrins.

 

edouard_divers22

 

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29/10/2009

ERSATZ

 

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Je me taille en saillies, je m'étale en rivière,

En diamants d'encre d'un Nil éternel et fier...

A l'état brut en sous-roche aux ressources alanguies,

Puis Kéops inversé d'hiéroglyphes en toupie

Je pivote, humour en pointe, sans prendre mon pied

Qui se perd dans les flaques siphonées quand je sonde

A la torche du logique en brûlots ma blonde...

Je me noie dans les fautes d'accord, les rejets,

Notes implaquables après que j'ai glissé l'archet

Sur le violon désaccordé de ma petite

En feu-follet pour un tamiseur à pépites

Irisées, son amant d'hier et à jamais...

L'hymne étranglé d'un blues en bagues et froid couplet,

Refrain dans le vent qui s'entête et s'encapuche

En secret de polichinelle, secret d'autruche

Un temps les piles à l'air et la face enterrée

Pour que je la tire, mais en ersatz du passé,

Monet de rechange en flash, peintre impressionnant

Qui voit sur toile un peu trop déteindre l'amant

D'avril, un Douanier "Trousseau" de sa naïve

Entrée dans les arcanes où le nacre et l'olive

De fil en aiguille s'étaient découverts, vampés

L'un par l'autre, arabesques de chairs esquissées

Dans le vif éclair à la baguette imagique,

Pain d'épice éperdu, blanc d'éclat symphonique

En carré de mire quand moi, poids-plume à la gomme

Des souffleurs de vers bubblegum, ça m'assomme.

Alors je bats la démesure en flop modèle

Et je greffe aux chancres de l'ange un semblant d'ailes

Trop dépareillées, j'ai l'art aussi de brusquer

Par mes "pourquoi lui?" qui la dégomment et j'en souffre,

Allumette à poésie qu'elle allume en son gouffre

Pour de ses vingt ans goûter un peu la fresque...

Je suis machine à remonter le romanesque

Du temps, tremplin pour sa mille et deuxième nuit

En rétrovision folle au volant d'un tapis

Que je déroule, tapis rubis tapis de sang,

Boîtant comme un canard ouateux, travelling avant,

Fondu enchaîné sur le bleu zen d'une épure...

Mais ça cloche en ses thrillers internes, sa cuisine

Au formol qui me stigmatise, piètre doublure

En plain-chant périlleux sur l'amie trampoline

Qui m'a croqué la vie à dents rouillées de scie

Sauteuse d'humour; et "porc salut!" de l'amour-plongeoir

Je glisse, je retourne en claque aux torpeurs amphibies

Après le savon passé...je planche sur le noir.

 

edouard_divers22

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26/10/2009

GOOD VIBES

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Près de la plage d’Ostende, un après-midi de septembre.

Désabusé par le tram-tram d’un quotidien sans déraillements salutaires ni fleurs de pavot poétique, un sexagénaire endigué sur les pavés froids de son couple se les gèle et l'âme aussi.

Soudain, comme en sursaut de mystère, il brandit d’une main la planche à repasser de sa grise Flamande et, de l’autre, lui envoie le fer à la ferraille de son cœur en guise de porte-bonheur.

Planche sous le bras, il se met à musarder, ne sachant que faire avec, mais défiant les regards médusés des passants.

C’est alors qu’un air des Beach Boys au charme désuet lui revient comme en sirocco soufflé depuis sa prime effervescence, sa jeunesse musicale et chaude en puissance trop souvent muselée par le glas-glas des cloches parentales.

Good Vibrations.

Il se prend pour un surfer californien, sent son teint se hâler, des pectoraux d’Olympe se former, son chocolat charnel se tabletter. Pour le plus grand plaisir des elfes de sa folie enfin libérée. Et sans plus attendre, il se jette à l’eau, s'en va glisser sur les montagnes russes des vagues, et goûter aux délices de la mer fouettant son corps transfiguré d’une écume aux urgences sensuelles et capiteuses.

Il se voit Beach Boy étourdi, halluciné par des liqueurs à la mescaline, cuvée ’67, ou par des champignons post-nucléaires dont le pouvoir hallucinogène provoquerait une explosion anatomique de sainte lactance, après la vision de sirènes aux queues de poisson qu’on écaille pour découvrir des jambes aux galbes parfaits.

Il voit des arcs-en-ciel aux chatoyances bleutées lui envoyer des flèches à miel afin d'adoucir sa gorge et lui permettre de vocaliser tel un ange à la voix nacrée.

L’ombre d’une requine perdue dans les algues marines ne l’effraie pas, au contraire : c’est lui qui la dévore des yeux, la mâche tel un Hollywood Chewing-Gum, en fait une collection de bulles arlequines, la module de sa langue rose bonbon, et la régurgite en dauphine portant fier le collier floral d’un yogi du Népal.

Mettre les voiles, pour le beau et le bon, même si ce n’est pas pour de bon, c’est mieux qu’avaler sans répit les insidieux poisons du quotidiens.

L’homme enfin se régale en illusions, puis se noie dans le bonheur d’une parenthèse.

edouard_divers22

 

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21/10/2009

FINES TRANCHES DE VIE

 
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J'ai plastifié des fleurs

Sans les enguirlander;

Silençant mes rancoeurs,

J'en fis jolies bouées.

 

J'ai moissonné foulards

Qui sonnaient flash en moi;

Au gré des mots blizzards,

Flottant sur 1000 crachats...

 

1000 leurres au bleu festif

Qui donne aux cons le ton,

J'ai tranché dans le vif

Des moments gais poissons.

 

J'ai déroulé rubans

Devant les signes noirs,

La tête haute, en sang,

En 100 rubans d'espoir.

 

J'ai respiré les âges

Où l'art bavait d'envie;

Peau-ésie sans corsage,

Gloire à nu baigneur puis...

 

Eté franc du collier,

J'ai moqué, loup de mer,

Loupés merdeux maqués,

Pétasses en fées d'hiver.

 

J'ai dégommé faux anges

Auréolés d'ennui,

Croisé les bras d'un Gange,

Croix gommée pour la vie...

 

J'ai vidé mon "à part"

Des frusques de scrupules,

Scruté mon ciel anar'

Aux lunes en poings-globules.

 

edouard_divers22

 

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PSYCHEDECLIC

 
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Le ciel vert qui verse un menthol
En cocktail Hulk et roquettes folks...
 
Le soleil bleu qui danse au ciel
Comme une abeille schtroumpfant du miel...
 
La mer à la coque nicotine
Qu'on Titeuf d'un doigt, qu'on dessine...
 
La lune rouge qui hurle au filou(p)
Pour un chaperon(d) comme un sou...
 
La ville aux flots cons d'art janté,
Peter fait la roue, paon plumé...
 
La forêt violine où l'elfe épouse
Un troll mélusinant son blues...
 
Un manoir allumé d'oubli,
Joint poétique et Rouletabille...
 
Mon cerveau en rut, cerf-volant,
Qui se bichonne en faux-fuyants.
 

edouard_divers22

 

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16/10/2009

DEPUIS MA BULLE PYROTECHNICOLORE

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Des pavés brûlent en mes ruelles

Au grand désespoir de la pluie,

Ce crachin des sempiternelles

Méduses aux postillons de suie.

 

Dépravé pour elles et cosmique

Aux yeux carrés de tolérance,

Regards médusés des cliniques

Blancheurs en manque aussi d’outrances,

 

Je me dépense en détective

De mes errances en or privé,

Je perds le nord et je dérive

A l’abandon sucré-salé.

 

Ne goûtez pas à mes fumées,

Ces âcres-en-ciel volutinages,

Car mes fils de vers incendiés

Ne vont pas à vos purs lainages.

 

Laissez-moi m’électricoter

Piles alcalines en extatiques

Vers à pieds de poule marine et

Champs d’ail en me goussant des cliques.

 

Passez votre chemin clopin-

Clopant loin de mes fumigènes,

Ou bien marchez tout droit, sagouin

Dans l’âme et Monsieur Propre en scène.

 

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edouard_divers22

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10/10/2009

BROUILLARD

 

diablutin

 

C'est un diablutin

Aux cornes de brume,

Qui, loin des festins,

S'attable et prend plume.

 

Se rinçant la dalle,

Son enfer il pave

D'intentions qui valent

Une ancre d'épave.

 

Ses cornes s'émoussent,

Drakkar triste mine,

Frêle esquisse aux trousses

D'un brise-glace en gin.

 

Frôle ainsi la soi-

disant fée Geyser

Aux fumées taffetas

Qui volutent en l'air.

 

L'herbe et ses vertus

Théraputassières...

IL taffe un  fétu

De foutue chimère.

 

Alors muse Alcool,

Sirène évasive,

Verse un vers au troll

D'oiseau vase en givre.

 

Et ses fleurs s'effondrent,

Liquide banque-route

Allant vers et contre

Un mur goutte que goutte.

 

edouard_divers22

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08/10/2009

AVANT L'IVRESSE

 
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Livrer l'as de trèfle aux canassons,

Le quatre-feuilles en porte-veine;

Et si l'air ne fait pas le chausson,

Qu'ils trouent enfin leurs bas de laine.

 

Livrer l'os après trop d'embonpoint,

Bas le masque en graisse hivernale;

Reprendre alors un visage humain

Face aux pitbulls de l'amicale.

 

Livrer l'ace au tac au tac, filer

Le parfait désamour avec

Tous les marteleurs de vérités

Pas absolues pour un kopeck.

 

L'ivraie, du bon grain c'est paraît-il,

Pour les brouilleurs de cartes aux jeux

De la philanthropie volatile,

Dieu délivrez-nous des mielleux...

 

Mais livrez l'Ourse aux jongleurs foireux,

Jongleurs de mots sans poésie...

Que ce bouquet d'étoiles soit pour eux

Le décor d'une autre alchimie !

 

edouard_divers22

 

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05/10/2009

UN CUPIDON

 

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Jardin d'Eden avec chapelle,

Un Cupidon rêvait tout nu

D'éterniser un arc-en-ciel

Pour ébahir les coeurs perdus

En leurs déluges post-rupture

De souvenirs intempestifs,

Qui les font trembler sous l'azur

Et veiller longtemps nerfs à vif...

 

Il faut réparer les dégâts,

Se dit l'aveugle archer d'ivoire;

Mais comment Dieu gonfler de joie

Les coeurs en noir, les coeurs-passoires?

Ses flèches au pif il décochait,

A tire-larigot sans y voir;

Les coeurs gros bien sûr se trouvaient

Plus souvent sur leur trajectoire...

Bien plus souvent que ceux de pierre,

Fins cailloux sans autre valeur

Que leur bien-être à ras de terre,

Le blé est roi, l'amour se meurt...

Blé sans Amour...maigre pitance!

Amour sans blé, parfois Byzance...

Mais l'ange fut pétrifié de voir

Qu'Adam et Eve se font si rares!

 

Statue au charme désuet,

Il rêve alors d'un arc-en-ciel

Qui à tout vie redonnerait...

Amour et jouvence éternelle.

edouard_divers22

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01/10/2009

PANNE

 
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Sofia sans soucis,
Si souvent fati-
guée moi je pleurniche,
Et chienne elle s'en fiche...
Fichu coeur de chiffe
Molle à son corps dif-
férent des canons
De beauté, je fonds...
Je fonce à l'appel
Des bises à la pelle,
Pour m'oublier dans
Ses sables mouvants...
Vampire et meilleur
Qu'un diable j'aspire
Alors la candeur
Des joues cramoisies...
Zig-zag à deux doigts
Du noir isocèle,
Je caresse un bas-
ventre sous dentelles...
"T'es le roi" dit-elle
Entre deux frissons,
"J'ai froid limaçon,
Deviens ma chandelle!"...
Elle s'endort en pé-
tard mouillé sitôt
Fini mon ciné...
Bandomètre à zéro.
 
edouard_divers22

 

14:53 Écrit par EDOUARD dans Amour, Général | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |