07/09/2009

IKAL

 

 

La muse Ikal avait la chair tendre et le regard de braise à tisonner d’urgence.

Sa singularité la confinait dans un microcosme d’inflexions poétiques, de songes avortés dans la seconde et de lucioles s’égarant dans les cimetières à feux follets géants.

Les bien-pensants la jugeaient désaxée, les bien pansus bien ancrés dans l’humour porc l’évitaient quand son esprit délié lévitait.

Les rapaces la toisaient du haut de leurs centimètres bien carrés de connerie transcendantale où le rationnel se coiffait de chapeaux buses à bondieuseries.  

Mais la muse, loin de ces remugles de mépris, se sentait portée par des siroccos légers sur un tapis diaphane épousant son absence de formalités, son évanescence en genèse perpétuelle.

Elle avançait sans objectif, cueillait le muguet des nuages et les fleurs empourprées d’aurores hésitantes, à la rosée fine en promesses coquines.

Sans raison d’être ou de renaître apparente, elle envoyait l’air de rien  mille ultrasons de béatitude à mon cœur englué dans un capharnaüm de pensées visqueuses, mon cœur hébété par les marées de souvenirs pétrolés, cœur de mouette innocente avec ses lubies de noir juste pour voir, cœur gros comme un pitbull en peluche éventrée.

Or donc il m’arriva d’être touché de plein flou par ces ondes exhalées quelque part entre le  nulle part de la déraison capiteuse, et le d’autre part  de la raison contrainte et sans odeur, un non-lieu de flottement où se musicorollait la muse Ikal avec des voyelles en lac majeur, des consonnes en parasol mineur, des virgules en croches et des points pour la suspension des silences étoilés.

Ma main, comme par un automatisme de spirite, s’agitait pour maculer les blancheurs qui font peur à l’artiste et paralysent d’angoisse…Les mots pleuvaient sur le papier, les voyelles d’Ikal mousinaient et cliquetaient mon sixième sens  quand les consonnes tombaient à verse en sonnant le gong de l’inspiration retrouvée.  J’étais heureux, je me sentais revivre, et des lumières en ligne de mire clignotaient dans mes culs-de-sac d’autrefois -venelles marines  aux ressacs déculottés- comme un fil dénudé d’Ariane à toucher sans mettre des gants pour abattre les murs et s’ouvrir à l’inconnu.

Mais voilà…Un soir de tracasserie administrative à donner la migraine, je pris la décision de plaquer ma vie de gratte-papier pour ne taquiner que la dive poésie, ses grains de folie et ses bouteilles à la mer casse-pieds pour le commun des mortels. Sans job officiel, entre deux ponts de bras longs que je déclinais au grand dam de mes soupirantes,  je voguai sur un poème fleuve et sans intérêt social en illustre inconnu tire-au-flanc. Et devinez qui je finis par infiniment toucher? La muse Ikal…Blessure mortelle au flanc gauche…Chute vertigineuse! Elle s’écrasa comme un flan pour mieux illustrer la chute de cette histoire où, sans portée, sans dose d'inspiration désormais, sans clé de phare,sans mystères et sans répit, je me languis de son absence et me signe pour sa résurrection.

 

edouard_divers22

 

 

11:58 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Commentaires

Coucou Edouard, L'été est vite partit,
Mais,il reste encore de belles journées,
mais cela n'est plus l'ambiance de l'été...
*****
Je te souhaite une bonne aprem,bisous à toi,Mimi
*****
L'été est parti
L'automne conduit
Le soleil pali
La fraîcheur se trouve ici...
********

Écrit par : Mimi du Sud | 07/09/2009

bonjour Edouard ça fini pas bien..des tracasseries dans la vie pour bien des conneries que tous je pense on foutrait bien dans l'égout

ma voisine ne connait pas nays et ne surfe pas forcément elle passe sa journée dans ses légumes enfin elle y envoie surtout son mari et n'a pas d'humour mais, toutefois, parfois j'arrive a lui arracher un sourire...non elle est charmante avec moi et je garde son chien quand ils partent en vadrouille...
Edouard c'est tellement gai de se laisser à parler comme on a envie , ça n'a pas toujours été le cas...
bisessssssssssss m'en vais au soleil cet aprem

Écrit par : nays | 07/09/2009

Mais elle est encore la! Oui Edouard, à te lire je trouve que cette muse Ikal t'accompagne encore et pour longtemps :-)
Bisous
Marcelle

Écrit par : marcelle Pâques | 07/09/2009

C'est à la fois drôle et sérieux... Dur et tendre... comme souvent ! Ton imagination et tes délires en prose n'ont pas de limite...
Ikal qui pousse Edouard à se signer... non pas possible !
Très réussit ce texte, c'est sincère... frais ou réchauffé peu importe. Et je ne reviens jamais sur mes appréciations.

Écrit par : Or | 07/09/2009

Bonjour Edouard... Ce matin c’est pour moi, le plaisir de venir te dire bonjour…avec mon petit café, bien sur !
J’espère de tout mon cœur que tu vas bien...
Je te souhaite une excellente journée…et t’envoie de douces pensées amicales…

Écrit par : Chadou | 08/09/2009

ce texte fut écrit hier à partir d'uné vague ébauche retrouvée dans une farde. Et que j 'avais laissé tomber. Il est neuf à 90 % environ. Le contenu est fictif. Je n'ai jamais flingué de muse ni vécu que de poésie :-)

Écrit par : Edouard | 08/09/2009

Edouard Juste un petit coucou,pour te souhaiter
une bonne aprem,où ici le soleil est toujours
roi,comme en Belgique je crois pour aujourd'hui
Bisous de Mimi

Écrit par : Mimi du Sud | 08/09/2009

Bizarre! J'avais mis le commentaire le plus long de ma carrière, il a sauté au milieu d'une dispute qui s'est effacée comme par enchantement. Tant pis je le recolle, il peut sauter à nouveau, ce sera pas bien grave. La preuve:
Mais! Je vis ma vie comme une fiction("j'assiste à Antonin Artaud" disait l'autre de lui même. Ce n'est pas forcément du narcissisme, plutôt de la schizo. Ca n'empêche pas l'ouverture sur les autres). Je ne sais pas si cette vie est émouvante, mais elle est pleine d'émotions. Vos disputes sont émouvantes...Pas forcément pleines d'émotions...De quoi j'me mèle...Ceci dit, notre musardeur est plein de souffle et je doute qu'Ikal l'abandonne bien longtemps dans sa chute. Elle a les reins solides et le sein ferme trempé dans l'encre. Je reprendrais bien un peu de Darjeeling!

Écrit par : Vieux marmot | 08/09/2009

Oh! Excuse moi Ed, je viens de voir le message de modération. Bon! Je te laisse nettoyer. A plus!

Écrit par : Vieux marmot | 08/09/2009

Bouteilles à la mer, prières... Ce ne serait pas la même solution pour une même intention ?

Écrit par : Pixel bleu | 09/09/2009

Tu as raison, modère. On sait jamais quelle vérité pourrait tomber dans ton bocal et dont tu aurais peur au point de perdre tes mots et ta face d'apparat

Écrit par : Pixel bleu | 09/09/2009

Crois bien ce que tu veux. Je te connais de ce que tu dis de toi et de tes réactions. Rien de plus. C'est quoi être gentil? Aller dans le sens de tes salades? Alors je suis gentil. Tu veux que je te dise merci, en plus ?

Écrit par : Pixel bleu | 09/09/2009

Merci Pixel, y aurait-il de l'orage dans l'air? Ou une diarrhée en préparation?

Écrit par : Edouard | 09/09/2009

Pour répondre à la question: oui, sans doute. Et c'est le hasard qui décide. On prie même parfois sans s'en rendre compte.

Écrit par : Edouard | 09/09/2009

Je serais toi, j'arrêterais tout de suite de me parler comme ça. Je crois que je ne te dirai plus rien. Le silence, c'est souvent ma réponse pour les ânes

Écrit par : Pixel bleu | 09/09/2009

Ton humour est à décaper le mur le plus décati, le mousquetaire le plus aguerri, à détartrer la dent la plus dégueu. Tu as raison: silence. Et n'oublie pas "Tea for the Tillerman" dans ta sereine contemplation , sinon les anges vont te tirer les oreilles et te mettre un bonnet.

Écrit par : Edouard | 10/09/2009

Celui-ci est mon préféré. Super classieux. A bientôt à l'atelier, MC Edouard.

Écrit par : Henri Lefondeur | 03/11/2009

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