25/06/2009

VIPERE AU POINT FINAL

 

 

Elle se meut, reine de la faux sans blanc,

Nue et froide comme un serpent;

Son sac en repos de chagrin, plein de malices,

Et de masques de béatitude factice...

 

Elle rampe, elle ondule, insinue,

Ou verticale, fière et continue,

Elle s'immisce en nos lies de calice,

La faucheuse du bien comme du vice...

 

Baiser de Judas pour tous les Jésus,

C'est parfois l'oeillade opiumisée

De la promesse d'oubli si belle, et cigüe

Pour taquineur de poison bien a-mor-cé...

 

Ses pupilles fixes, albinos,

Magnétisent alors jusqu'à l'os,

Et ses prunelles injectées de sans-pitié

Entortillent les coeurs aux verres fumés;

 

Quand sa langue au venin plus ou moins rapide

A pour les blaireaux sans flair des relents fétides...

 

Elle s'allonge en demi-mondaine et ronge,

Et vous presse en passant l'éponge,

Puis un jour d'éternel décembre resserre

Ses crochets de fer,

D'avant-goût d'enfer...peut-être! 

 

 

 edouard_divers22

 

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24/06/2009

BENJAMIN

 
 

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Il s'appelait Benjamin.

 

On le surnommait « Monocle Benjamin », car il conjuguait sur son faciès les disgrâces des protagonistes du film paronyme : râtelier chevalin comme le Grand Jacques, calivitie de poulpe à la Blier, œil globuleux vitré d’un monocle à double foyer. Le « monocle polygame » utilisé par les rois borgnes de la bourgeoise, et les présidents qui ont tout de stalagmites errantes.

Doté d’un sens inné de l’auto-dérision, ce curé prenait plaisir à détourner les proverbes mineurs et les commandements barbants de la bible, comme la Loi du Tallion.

Ainsi, dans sa soûlographie quotidienne, il titubait sa verve aux Clampins le Bref de comptoir, aux ombres de femmes entubées, aux vindicatifs infirmes :  « On vous a dit  œil pour œil dent pour dent , moi je vous dis œil de verre pour œil, dentier pour dents, prothésez-vous ». Il  avait de surcroît un cheveu sur la langue, son seul vestige capillaire probablement. Si bien qu’on pouvait comprendre : « protégez-vous », et le croire ennemi  des cathos qui se les roulent en décapotable.

Un jour, alors que nous jouions aux billes dans la rigole, il nous apostropha : « Eh vous, ze  vous vois pas souvent à l’office du dimansse.. » .

Nous nous mîmes à frémir devant cet ogre en soutane.

Mais quand il passa son chemin devant notre mur de silence, nous lui vîmes un tatouage au lobe de l’oreille gauche, une ancre inversée de marin

Décidément, ce curé détonait, et "jouissait"  d’un passé bien croustillant,  déjà colporté par les commères locales : « il était rentré dans les ordres par dépit amoureux.».

Car si le dicton veut qu’un marin ait une femme dans chaque port, dans son cas, c’est son épouse d’alors qui voyait dans chaque porc une flamme ondulante à moucher de moiteurs adultères.

edouard_divers22

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22/06/2009

SAINE ECRITURE

 
books4

 

Pour mettre une croix sur ma vie d'athée,

Il faudrait un miracle en vérité

Je vous le dis comment ne point douter

D'un créateur dieu nous ayant torchés...

 

Le cul c'est l'universelle religion,

Quand le pognon ne lui dame pas le pion;

Ces travers en enfer nous mèneront,

Comme la raie mène une perle au fion...

 

Perle de sueur jaillie des étreintes

Condamnées par les oeuvres sacro-saintes,

Et les suppôts du Pape qui s'éreintent

A prêcher l'amour avec des contraintes:

 

Liaison sans taches, abnégation des transes

Quand l'amour n'est pas scellé par l'alliance...

Baisers impatients d'effusions charnelles,

Baisers compassés devant l'Eternel.

 

Baise et jouis, missionnaire morose,

En tout bénitier; prends toutes les poses

Et avant qu'une rosière se nécrose

Au jardin de la vertu, qu'on l'arrose!

 

edouard_divers22

 

aaaaaaaaaaaaaaaa-1-1oo

 

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19/06/2009

A la fille matraquée par des mâles étriqués

 
 
pégase
 

Tu baîlles aux plumes éparpillées

Par les dindons du décorum,

Et sous l'édredon tu perds pieds

Loin du terre-à-terre et ses hommes...

Ding dong un carillon t'élève

Au rang d'ange à la note aigue,

Carillon d'or sonnant la trêve

Des plaies sans cri, des rires fourchus...

Les gongs des singes lourds en dragouille,

King-Kongs et frappadingues fripouilles

Qui se cognent des femmes-arpèges,

Te laissent rêveuse, la foire aux nouilles

Du Paris-Matchisme au Saint-Siège

Ne sacrilégera ta finesse

Qui se pégase au bois dormant,

Bulle jument-foutiste en dé-stress

Hors l'écheveau d'un jour pur sang...

Ressource-toi sans sourciller

Dans l'eau séraphine en naïade,

Pied-de-biche à l'oeil dépoudré

Pour émasculer mitroeillades

Aux combats cons du lendemain,

Slaloms entre bourses et valseuses

Bien pleines au propre masculin,

Qui se figurent en hard-crockeuses...

Qui te défigurent en fille creuse.

 

 

edouard_divers22

 

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15/06/2009

LES DOIGTS (contons fleurette?)

 

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Un annulaire

Nu sans alliance,

Par quelle prière,

Par quelle absence...

Auriculaire

Pour les murmures

Aux murs de pierre

A l'oreille dure...

Bagues à pigeonne,

Flingue en érex

Mis à l'index...

Adieu Capone

Pourpres rivières

Et claques majeures,

Où se noyèrent

Cerises en pleurs...

Va Petit Pouce

Droit de l'avant;

Vois des fleurs poussent

Semées au vent...

Connaissons-nous,

Contons lilas

Mais sur le bout

De nos vingt doigts!

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edouard_divers22

 

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12/06/2009

SUBJECTIF PRESENT

 

baconTTTTT

 

Avant mon déluge, rien:

Pas l'ombre d'un rondeau,

Pas une pluie de quatrains,

Pas même un vermisseau...

 

Puis la chair se fit verbe,

Chair aux impératifs

Singuliers, verbe aux herbes

Fines en coups de canif...

 

Verbe saignant d'amour

Meurtri, à fond de cale,

Verbe cinglant d'humour

...Surenchère à l'étal.

 

Verbe rose en collant

Au subjectif qui prêche

Le déconditionnement

Des chairs faisandées rêches.

 

Verbe vache en folie

D'abattoir virtuel,

Verbe qui boit la lie

Avant le cru charnel.

 

edouard_divers22

 

 

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10/06/2009

ERE DU BLAIREAU

 

 

aaaaaaaaaaa

 

 

Voici venue l'ère du blaireau,

Muscu standing air intello...

Sacrifions le fond à la forme,

Au diable la conscience hors normes!

 

Dissimulons pudiquement

Sous le boisseau des bienséances

Nos perversions nos sentiments

Plats, les Gainsbourg nous font offense!

 

De nos chefs aimons les idées,

Le plus fourbe a bien décidé...

Tant qu'il nous offre du boulot,

Rampons sous lui, rouge ou facho!

 

Et pions sur un grand échiquier,

Avec un oeil sur nos chéquiers,

Coulons-nous dans les plus beaux moules,

Bateaux sobres, craignons la houle!

 

"Bateau": le qualificatif

De nos berceuses préférées;

Feignons parfois, cerveaux chétifs,

D'avoir un faible pour Ferré

 

Quand le gratin loue ses délires;

Et si l'on croise un vieil anar',

Surtout ne pas le contredire,

Mais restons sourds à ses bobards!

 

Des canards lisons les manchettes

Pour meubler nos conversations

Misérables, on n'est pas des bêtes,

Le geste compte alors versons...

 

Des larmes de croco pour l'Afrique

Maigre et l'ozone, clous de l'info,

Mais si des blacks cherchent le fric

Et taillent nos zones: vade retro!

 

Partons vers les pauvres contrées

Pour nous initier au tennis,

Grâce au Club Méditerrannée,

Trous de balle et feux d'artifice!

 

Blaireaux soyons et fiers de l'être,

Envoyons le naturel paître!

 

Au nom du prospère, de l'artifice,

Et du simple d'esprit...

 

 

edouard_divers22

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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09/06/2009

ERE DU VERSO

 
auversoe

Voici venue l'ère du verso...

Mais s'il nous faut tourner la page,

Que ce soit recta sans rétro

Sur tous les brouillons d'un autre âge.

 

J'oublierai sans délai mes lignes

Aussi polies qu'un cul d'albâtre,

En calligraphie de joie digne

D'un moine hanté par Cléopâtre...

 

Tu oublieras les gribouillis

D'affection pour toi bien fictive,

Aussi vrai que l'on a failli

Gommer en toi la fleur lascive...

 

Quand sans oeillères, en crack pensais-je,

Ma ligne de conduite était

Celle d'un poney fuyant manèges,

Et les "je t'aime" à l'imparfait...

 

Je me cabrais pour des broutilles,

Accent grave erreurs de sédi-

tieux, je piaffais dans une impasse,

Une impatience en mon Parnasse...

 

Havre navrant de poésie,

Spleen en fanfare et facéties...

Je n'attendais que toi coquine,

Pour mettre le spleen en sourdine...

 

Et tourner la page aussi sec

En mouillant tes yeux de bonheur;

Alors foin de salamalecs,

Conjuguons le verbe "être" en choeur:

 

Je suis tu es surtout nous sommes,

Tout neufs dans l'amour et la baise;

Et qu'importe le reste en somme,

Le recto froid d'éparses braises.

 

edouard_divers22

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05/06/2009

A TOI LARBIN DU POUVOIR

 

BRÜLE

Démollassonne-toi,
Vas-y mollo-tov;
Concocktail un plat
D’épices, haine et love.

Expose en un seul
Jet ta déniaiserie;
Explose à la gueule
De la hiérarchie.

Si bombance il semble
A toi bon de faire,
Va comme un pur l’amble,
Pur son du tonnerre.

Secoue ta crinière
Dans les éléments
Déchaînés, blatère
En cha-lu-meau franc.

Chameau brûlant d’art
Frondeur, anti-boss;
Frondaison de rares
Mots qui l’encolossent

Sans vaseline ou beurre,
Il baigne dedans;
Défionce-lui sans peur
La boîte à brigands.

Allume un cigare
Avec son zippo;
Dézippe-lui le dard,
Ecrase un sanglot.

edouard_divers22

 

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04/06/2009

COLLECTIONNEUR ETRANGE

 

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Il chasse à court de silences

pour sa collection de "shut!";

Quand il en a plein la panse,

Il gargouille au temple en brute.

 

Si les cinq "shut!" et demi

Suffiront pour aujourd'hui,

Plus tard bouchées doubles mettra

Pour enfiler onze "bah!".

 

Quand sous les spotlights on s'bat

Pour des légions de nanas,

Quand de leurs "zut!" brille sa mitraille,

Il dit "chouette!" et se taille.

 

La Croix des Braves et d'Honneur

Aux pigeons des catastrophes,

Aux pas d'oie qu'on plume en choeur,

Il en rit, c'est pour les "bof!".

 

Mais la médaille du beau-frère,

Star des chenilles ouvrières,

Cloue l'orgueil en son poitrail

D'épinglé papillon, aïe!

 

edouard_divers22

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02/06/2009

A TOI COEUR DE BLANCHE-NEIGE

 

 

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Les clochards au coeur d'orge,

Clampins de seigle exquis,

Les dragons Nuits-Saint-Georges

Ecorchés dans la suie...

 

Les cracheurs de feu triste,

Chaloupeurs sans le masque

De Merdier Gras, trappistes

Aux étoiles en bourrasques...

 

Les marquis feutrés noir

Se démarquant l'heure H

En fumées-désespoir,

Qui le jour gisent en taches...

 

Les nez Farinelli,

Sniffant leur vie castrée

Par le viol de harpies

Dans la poudre haut-perchées...

 

Je leur souhaite au sens

Propice et figuré,

D'écluser ta lactance

En propres nouveau-nés.

 

edouard_divers22

 

tomwaitsyu

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01/06/2009

BLANCHE CROQUEUSE

 
dame blanche

Je vous suivais à la trace,

Blanche Neige ô poudre d'oubli,

Pour un soir briser la glace

En quelques morceaux choisis...

 

Choisis de mon répertoire,

Le fin du fin de la frime;

Vers luisants, plume-encensoir,

Zeste d'animal en prime...

 

Prime abord on s'est goûté,

Puis j'ai filé à l'anglaise

A vos plats de crudités,

Je rêvais ne vous déplaise,

 

Encore et toujours d'âme blanche,

Malgré l'ombre des nains louches

Qui vous envoyaient aux anges,

Vos gagne-pain, des gobe-mouches...

 

Tous roulés dans la farine,

Dégâts dans les portefeuilles;

Moi je vous aime en sourdine

Pour vos deux dents d'écureuil...

 

Petit air d'enfant bébête

Et mots d'amour à la noix...

Je vous aime, un vrai casse-tête,

Frêle et croqueuse à la fois.

 

edouard_divers22

blanchecccc

 

 

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