15/03/2009

AURORE

 
retro-8-2auraea

 

Dans un nightclub aux sons fanés,

Bad girls et rock around the clock,

J'ai swingué pour tout balayer

De mes amours brisées, du toc...

 

Puis tangué sur une argentine

Invitation à la luxure,

La bière en émoussant mon spleen

Me disait: "barbe noire, assure!"...

 

Ecumant, j'avais l'oeil ancré

Au corsage en cuir échancré

Sanglant la gorge luxuriante

D'une Aurore, ombre rougissante...

 

Sa robe ondoyait lentement,

Et les bas résille, eux, filaient;

A l'annulaire un faux diamant

Au gré du laser scintillait...

 

A vrai dire elle avait l'air triste,

Egarée parmi de vieux paons;

Plus d'un s'ingéniaient sur la piste

A lui plaire et l'alcool aidant,

 

J'étais paré pour l'abordage

De la new-wave cuirassée

Contre les charmes d'un autre âge,

Aux pas de quatre chaloupés...

 

Bien sûr je n'étais qu'un ringard

Flibustier des coeurs au long cours,

Cherchant toujours la perle rare

Et sous ses fantasques atours,

 

J'ai découvert en cette fille

Un trésor de pudeur enfoui,

Vierge îlot sur le gouffre au clair

De ma lunaison solitaire.

 

Mon oeil glissait sur le platine

De ses longs cheveux satinés

Quand, l'esprit noir encre de Chine,

A ses mots bleus je fus glacé

 

Comme un papier de magazine

Où l'on s'aveugle des splendeurs

Qui nous feraient courber l'échine

A leurs caprices mais...pudeur!

 

Elle était froissée pour un rien,

Papier bible et peau de chagrin

Qu'en moi  j'ai vue se rétrécir

Au lent réveil de mon délire...

 

Car tout cela n'était qu'un rêve

Pieux de fleurette en fin d'automne;

Il est des soirs où les cieux lèvent

Un coin de voile et j'en frissonne...

 

Les soirs où je danse envoûté

Par Aurore, impalpable étoile,

Je remercie la muse en pieds

D'éclipser mes amours triviales...

 

Le temps d'une illusion trop sage

A mon goût mais quelle importance;

Elle agrémente mes naufrages

De vagues lueurs d'espérance...

 

Chiffonnée par mes idées noires,

Aurore imbibe son mouchoir

Quand, sur un amour qui s'échancre,

J'obsaigne et sue mon encre.

 

edouard_divers22

13:47 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

Que seraient les poètes sans les muses et vice versa... Le charme de tes mots opèrent une fois de plus.

Écrit par : Or | 15/03/2009

Il m'a plu ce poème, j'y étais avec toi dans cette ambiance torve, illuminée par cette fille électrique. Et puis, j'ai compris, cette fille divine aux mots bleus comme tu le dis si joliment, c'est ta Muse, ton inspiratrice, qu'elle continue donc à te faire danser avec les mots, c'est jubilatoire...

Écrit par : stephanie gaou | 15/03/2009

Au levé l'aurore se réveille, au levé ed est sans elle...
j'aime bcp car plus c'est triste plus c'est beau
a bientôt l'ami bye

Écrit par : ~?~ | 15/03/2009

bonsoir Eddy a chaque fois on imagine en fermant les yeux..et on se laisse bercer par la danse de tes mots
bisous passe une belle soirée

Écrit par : nays | 15/03/2009

Il est merveilleux prenant, triste, doux, un joli rêve
Passes une bonne semaine
Bisous
Marie

Écrit par : Marie | 16/03/2009

Bonjour Me voilà bercer pour le reste de la journée...
Je te souhaite un agréable semaine, que tout aille bien au travail et que ta semaine se déroule sans encombre. La mienne va être encore bien chargée... Bisous A+

Écrit par : SOLEDAD | 16/03/2009

Comme quoi les aurores se devraient d'etre baréales. La fusion du bar et de l'idéal.
Superbe texte
Amitié
Thierry

Écrit par : Thierry Benquey | 16/03/2009

Bonjour Edouard,

J'espère qu tu vas bien!
Il n'y a que de l'écriture de qualité ici!

Bisous et bonne semaine,

Karine

Écrit par : Karine | 23/03/2009

Je te retrouve là, c'est bien beau...

Écrit par : Luna | 26/01/2011

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