15/05/2008

UN CROQUE-MORT

  

Trois femmes, trois belles du Seigneur poignardées au coeur, gisaient à la morgue.

Saint-Valentin oblige, le croque-mort avait l'âme en peine: son épouse, depuis quelques migraines mal simulées, jetait désormais son dévolu de bouffe-queue sur un marchand d'eau-de-vie au cerveau lézardé, moins phosphorescent qu'un reptile de Tchernobyl.

Pâle comme un Mauritanien albinos, le croque en question  n'avait rien d'un crack, et ses frêles ossatures physique et morale traumaffichaient en public les multiples crocs-en-jambes d'ex ogresses du sarcasme.

Il fallait en finir avec sa chienne de vie, quitter la niche pseudo-conjugale et goûter aux gouttières et toits brûlants des matous croque-madames, avec ou sans sauce cocktail et cornichons.

C'est alors qu'il se tourna vers les trois cadavres allongés, froids mais toujours appétissants, aux cheveux profonds comme des lochs, aux petits pieds de gei-chats bottés tout en finesse, aux cuisses et culs galbés par la grâce de tous les dieux réunis, et remit au mauvais goût du jour la fonction première de son job crépusculaire: croquer du cadavre à tours de bras pour s'assurer de la mort effective.

Mais allait-il se contenter des pieds, à l'instar de ses ancêtres qui prenaient le leur en mordillant de jolies poupées dégonflées de vie? Non! Invoquant ses maigres rémunérations pour  s'acheter une conscience potable,  il pratiqua la soi-disant grève du zèle, et croqua à pleines canines les parties les plus érogènes, mais pas les plus affriolantes. Son sens inné de l'esthétique lui dictant de préserver la majesté des faciès, des cous et des jambes, il s'attaqua aux poitrines défoncées par le poignard, en mordit les tétons miraculeusement intacts, mordit encore et sans remords, jusqu'à ce triste constat: son pénis n'avait pas bougé d'un chouïa.  La mollesse de l'ancienne arquebuse encombrait son moral mais pas son slip.

Pris d'un vertige identitaire, il comprit alors ce pourquoi sa femme le cocufiait. Il dégaîna, tout résigné,  son GSM d'un geste trépidant de cow-boy plus cow que boy, et proposa à son boss Padro Mendez des pompes moins funèbres qu'il ne l'aurait cru. Le bouche-à-oreille, ou plutôt le bouche-à-bite faisant des merveilles, il reconvertit sa science fellatoire dans la banlieue chic de New-York, où, entre deux aspirations au bonheur champétrifiant les mâles blasés du bitume, il  bouclait dans les strip-shows ses fins de mois bucco-licks en Village People d'occasion.

edouard_divers22

11:23 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

11/05/2008

JE ET TU

 

lennontttt
  
  
 

Je plonge en toi-même

Un regard décolletant,

Un colt à la crème

Qui tire à bout portant...

 

Coeur plombé, tu sèmes

A tous quatrains de vents,

La poignée de gemmes

Qui me tire en avant.

 

J'épluche un harem

D'ex en te taquinant,

Scanne à l' I.R.M.

De mots-diables tes "han!"...

 

Plan de vie sans 'blèmes,

Tu colores en rêvant

Lendemains bohèmes,

Et qui chantent à tue-temps.

 

Je plante au toit même

De ton monde anisant,

Drapeau ivre et j'aime

A m'y draper de blanc...

 

Tu fais carpe diem

A mes soleils cuisants,

Puis rougis poèmes

En vers libres couchant.

 

 edouard_divers22

 

 

 

  

12:00 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

06/05/2008

PREVERT DYSLEXIQUE

 

 
 

C'est un prévert dyslexique,
le bouc hagard des bacchanales,
Qui dans l'amnésie éthyllique
Recouvre l'instinct animal.

Après maints déboires érotiques
Vécus en supplices de Tantale,
Il carbure aux vers antalgiques
et siphonne "Alcools" en mal

De fleurs et de verve il veut
Passer pour styliste géant
Sans se couper les cheveux
En quatre et rester dans le vent

..Imposteur à sa façon,
Notre point commun tous fripons;
A lui-même il fait illusion
... plumitif aigrivaillon !

Tout ça pour gagner tes faveurs,
ô l'ex-compagne d'ivresse,
Remettre les pendules à l'heure
Où m'achevaient tes prouesses.

Mais le temps passe et cessent
Les du con jus rations,
Les S à l'abandon                         
De ton petit
SanSStreSS              


Le temps brasse
L'amour en bière
Mais il n'efface
Hélas la trace
D'un vague à lame
Plus tranchant
Que cimeterre

Le tombeau du loser
Servira de brise-glam

 

edouard_divers22

 

 

 

12:47 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

02/05/2008

CAUCHEMAR D'UN HIPPO-MAN (sagittaire)

 

au_bout_du_tunnel2
 

C'est fou comme un entracte insensé

M'a fait passer du ronflant Boulevard

Au tragique en triangle, étrangler

Notre couple est surtout son histoire.

 

J'ai plongé dans le flou sanguinaire

A la voir alterner des refrains

Rétro noirs ou trop blancs, sans gris clair

Ou gris plus froncé, je me souviens...

 

J'épongeais de Kleenex rouge amour

Son ignorance à la foi morveuse,

Et ses pleurs globuleux versés pour

Un crooner de mélodies honteuses.

 

Figé comme un cliché d'auteur en

Panne d'aspirateur, je voudrais tant

Balayer d'un couplet de génie

L'opprobre, au figuré je broutille

 

Dans le couloir sans foin de la mort,

Avec sur la conscience un remords:

Celui d'avoir écrasé ce soir

Une araignée, je n'ai plus d'espoir...

 

edouard_divers22

 

11:53 Écrit par EDOUARD dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |