19.01.2012
OPTIMISME
Possible définition: Nom d'émasculé très commun chez les zinzimbéciles qui s'en vont béats d'admiration avec le dernier Chritophe Maé dans les écoutilles.
Citation : « L'optimisme des uns fait la fortune des autres » Anonyme pauvre et optimiste du 21ème siècle
Expressions :-« Garder un optimisme à toutes épreuves » : se dit par exemple d’un skieur olympique se retrouvant tout sourires et par mégarde au beau milieu d’une piste de bobsleigh.
-« Faire preuve d’optimisme » : croire pouvoir convaincre un politicien que deux énoncés + 2 énoncés peuvent bien former 4 vérités.
-« Optimisme béat » : se dit quand on passe du B au A, du Bêta qui roule en Fiesta à celui qui frime en Alpha
Etymologie :
Provient de l’interjection « hop ! » .
Sur les conseils avisés de son toubib d’époque, un roi fainéant devait chaque matin dire « hop hop hop » en sautillant pour se donner du cœur à l’ouvrage. Refusant d’obtempérer, car muet devant la beauté de sa maîtresse allongée, son doc lui dit : « d’accord, hop tu dis pas, mais alors… hop tu mimes ». Phrase qui fit le tour des cours au fil du temps et des profusions de mots en –isme, et devint, par déformation du peuple con, « optumisme ». Pour ne pas confondre avec le nom, hélas obsolète, « obtusmisme », désignant l’esprit de présidents qui aspirent à être réélus malgré leur piètre premier mandat, le mot devint « optimisme », sous-entendant par là même une vision limpide et moderne, comparable à celle d’un client d’Optic 2000 .

16:37
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12.01.2012
TRACES DE LIPSTICK
Et sur la glace,
Poudre de kiss,
A sniffer face
A face au bis
Rue de Narcisse..
Où la conscience
Est lessivée
Sans émouvances,
Gloss en rosée
Qui glisse et transe..
Où se ramasse
Une ombre sise
Au pied de l'as
De pique et plisse
Un masque à strass..
Dans sa valise
D'oubli-silence,
Et sans hélices,
Narcisse avance
En verticances...
Et puis la trace,
En fosse impasse,
D'un bistré dieu,
S’efface au passe-
Partout des cieux..
Et les nimbus
Alors se cassent
En gai motus
Et bouche à classe,
Confort en sus..
Et la narcisse
Effleure sans laisse
Un reflet dis-
Tendu d’ogresse,
En auto-kiss..
Et sans la liesse
Et son linceul
Blanc cassé d'es-
poir par un seul
Homme, qu' elle renaisse !

17:39
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14.12.2011
FOLON D'HIVER

J’avance en chantant, je dénote,
Au passage une fleur m’accompagne,
Ouvre corolle et mes quenottes
Esquissent orchestre de cocagne.
Au passage une fleur m’accompagne,
Et son vert tige ondule au gré
De ma saison d’espoir sans pagne,
Où l’hiver se paye un été.
Parenthèse off dans la portée
A la clé des chants magnétiques,
Où l’hiver se paye un été,
Se déniche un coin de tropique.
A la clé des chants magnétiques,
Un bouquet de nobles serrures
Et de fioles au blues électrique
Appellent en chœur un voleur pur.
Un bouquet de nobles serrures,
En vœux de clés pour feux follets,
En vœux de pieu pour mes sonnets
Coucher, se comptinent à l’azur.
En vœu de clé pour feux follets,
Je vole en draps de vocalises,
Et mon linceul a l’air parfait
D’un bonheur-né pour fleurs de brise..

11:46
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23.11.2011
MAGRITTE ET FAUX REVEURS

Chaque homme a son croissant
De lune à dévorer
Des yeux, mais en fixant
Droit devant c’est râpé
Chaque homme a son costume
Identique au prochain,
Et le croissant s’allume
A son insu, en vain
Chaque homme a sa doublure
A portée de poignée
De mains qui se rassurent
Comme il se doit, baguées
Chaque homme a sa rigueur
Qu’il porte en pardessus,
Car il craint la fraîcheur
De la pluie qui dilue
Chaque homme au crépuscule
A porté le chapeau
De la vie qui l'encule
Et s'en mord le coeur gros
Chaque homme est inconscient
Du potentiel partage
De sa lune en croisant
Par hasard un visage
Chacun pourrait s’unir,
Se complémenter, nu,
Sans bas quartiers farcir
De compliments cossus
De fil blanc se garnir,
Fil d’Ariane en fusée,
Pour ensemble alunir
Sur un globe de plain-pied

13:48
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29.10.2011
VINCENT
Un mariage d'un ennui mortel, et qui laissait présager d'une vie conjugale sans apothéoses pyrotechnicolores.
L'enterrement du grand-père, en comparaison, faisait figure de style olé olé, genre "le lion est mort ce soir" version techno-trance.
Vincent avait flairé les chrysanthèmes de la cérémonie nuptiale.
Au lieu de patauger dans la guimauve et les lieux communs de circonstance, il opta, l'espace d'une parenthèse off, pour l'école buissonnière et ses chemins de traverse.
Sa vie, dans un silence rêveur, il la voyait soudain non-linéaire, en courbes et pointillés de poésie ballerine, pleins et déliés sans plans ternes, points de suspension dans quelque syntaxe aérienne à ses heures.
Sa vie, il la voyait non-tracée, comme un bal de tirs ponctuels, aux antipodes des promesses monogames obsolètes, et ses lèvres, il les voyait se déposer tour à tour dans 400 cous de sirènes alanguies, lui murmurant des mélopées à damner le pape et tous ses suppôts, tous ses suppositoires propres à coincer le fion des béni-oui-ouistitis cathos.
Vincent se rêvait dandy pirate et franc-tireur à feux follets, Vincent s'espérait tout en dérapages à peine contrôlés.
Aussi, quand il revint de sa brève escapade et rejoignit par connexion de mots cons le repas de noces à l'entame , il appliqua quelques points noirs en catimini sur la robe de la mariée.
Une dalmatienne, c'est plutôt fidèle et ça fait la belle à l'appel du moindre mot-gâteau, mais démultipliée dans ses fantasmes, ça fait Walt Disney.
De quoi redonner des couleurs d'enfance à son couple mort-né, de la poudre à ses yeux comme des billes qui roulent en auto-persuasion.

18:01
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18.10.2011
SLAM 20/60
Mai 68, il s'arrache en fleur au bitume,
Et le pavé lourd comme une putain d'enclume
Il balance aux éclopés de l'imaginaire,
Aux clopin-clopants du quotidien ternaire,
Au métro-boulot-dodo des visqueux bien rayés,
Pas drôles de zèbres aux discours pas très yéyés,
Sans chevauchées de sexe libre et sans pyjama,
Sans étalonnades aux pieds de vers Fujiyama,
Sans échevelés rêves au profil accessible
A l'homme et ses pavés lourds, ses tristes cibles..
Août 20.., il s'arrache un cor aux pieds poétiques
Et son pavé, son oeuvre en tiroir, son encyclique
Gît dans le cul-de-sac étroit de sa vie-charrue,
Bohème au creux sillon, bobo comme un boeuf aux nues,
Il perd un peu pied la nuit mais l'ennui pécuniaire
Se compte en euros, noeuds coulants de neutre pendu
Aux poutres sociales, aux apparentes poudres d'oubli du
Moche étriqué dans ses costards de principes à la mords-
Moi-l'noeud, le mioche aux voeux 68 tard est mort
Et son monde s'en fout, ça ne l'empêche pas de tourner
Bien carré quelconque et de lui payer la tournée
Quand sonnera l'heure de la retraite des vaches
A lait loin des pétards plutôt mouillés que bombe hasch !

15:24
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13.10.2011
ROCKING MOUMOUTES

Ah…c’est bien beau d’enquêter sur la disparition des cornes de rhinocéros qui finiront en poudre pour les cas légers d’impuissance, ou en greffe dans les slips des Chinois plus gravement atteints ! Mais qu’en est-il de la perruque de Dick Rivers, subtilisée par un fan sous l’emprise d’ecstasy au Festival du Vieux Camembert Electrique ? En un an, cela fait huit fois qu’on lui en dérobe une, et il semblerait que l’auteur des faits ne soit qu’une seule et même personne. Sans doute un fou désireux de s’inventer une république bananière avec tous les postiches volés, et sur laquelle il régnerait en implacable tyran, imposant à ses rocking moumoutes l’intégrale de Mireille Mathieu au moindre tif qui se rebiffe. Je vous vois d’ici…vous me croyez sans doute en proie à quelque psychose dont j’aurais atteint le pic délirant. Détrompez-vous : mes 2 psys, mes 3 astrologues, mon radiesthésiste et mes 2 marabouts m’assurent que tout baigne et tout roule pour moi, mais qu’il vaut mieux prévenir que guérir. D’où ma poursuite des consultations. Mais pas à travers les rues du canton, ni en filature indienne comme l’été de Joe Dassin. Non, trop ringard et trop slow tout ça, mon jeudemoteur ne carbure plus à cette essence . Alors au tournant, je vous pose une question sans détours : la lactose provient-elle oui ou non de la voie lactée ? Si oui, qu’adviendrait-il alors de notre lait quotidien si cette voie céleste venait à souffrir d’extinction ? La traite des vaches en serait-elle affectée, voire vaine, et serions-nous condamnés à la verveine au petit-déjeuner ? Les bébés, même aveugles, se verraient-ils houblonnés dès le biberon ? Le Prince Charles serait-il simplement moche et plus laid ? La chanson Lay Lady Lay de Bob Dylan s’intitulerait-elle autrement pour les francophones ? Si vous daignez m’apporter toutes les réponses à ces questions prégnantes, vous gagnerez 8 perruques de rocker avec bananes gominées en sus, sinon c’est tintin. Et sans la houppette !

14:57
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05.10.2011
AVEC ET SANS
Avec toi le sexe,
Un coucher de soleil
Et la lune en réflexe
Entre deux rayons veille
Avec toi la baise,
Un rocher qui prend feu,
Mille éclats dans la braise
De ton cul, de tes yeux
Avec toi l'amour,
Un clocher sans le son,
Vibrations pour un sourd
Popol qui en dit long
Avec toi la mort,
C'est un lécher d'extase,
Qui se chante en nos corps,
Concert à métastases
Et sans toi l'amer
A sécher, l'oraison:
Des bouteilles à mots clairs,
Maux dedans à la con

12:25
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30.09.2011
TETE HAUTE
Je rêve, et quand même il ne pleut que du sang. Le sang des chiens qu’on oublie aux virtuels abattoirs, et pas par hasard. Chiens à forme humaine et inversement. Qui, à trop ramper sous les brimades insidieuses, n’ont plus la bave de vivre, ont perdu patte blanche pour faire le beau.
Je rêve d’un ailleurs de cathédrale aux vitraux d’espoir, aux porches illuminés comme le grand soir d’un Noël éternel.
Ici ou ailleurs, je continuerai de rêver, tant que mon esprit fera des bulles en slalom entre balles et postillons des maîtres-chiens de chasses aux abois pour des noix.
Je crèverai la gueule ouverte et la bulle éclatée, s’il le faut, mais jamais auparavant n’abdiquerai de mon petit nuage rose. Luxe de faux aveugle ébloui, qu’épousent les poésies des grimoires et du maquis, la poésie rouge-gorge et la poésie rouge rubis.

14:53
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13.09.2011
BANDE DE CONS
- Con cherche texte pour se situer
- Con cherche primé à la casse pour faire passer la pilule
- Con cherche vingt culs pour dire Amen
- Con cherche cierge pour vendre la mèche aux locataires
- Con cherche cerf pour faire un boeuf
- Con cherche vol pour noces au juste ciel
- Con cherche Seledise pour faire à Bonentendeur salut
- Con cherche Fucius pour paraître moins con
- Con cherche sensuelle pour poli-triquer correct au lit
- Con cherche saule pour atténuer ses pleurs
- Con cherche Chita pour faire le linge et la vaisselle des mâles singes
- "Con" cherche "quelque" pour faire "quelconque"
- Con cherche pote pour se faire en duo Lady Marmelade
- Con cherche te partiro pour compléter la chanson
- Con cherche pagne pour jouer à Jane et Tarzan
- Con cherche cul rance pour faire son beurre
- Con cherche vocation pour se présenter
- Con cherche Cubain pour se havaner sans bague
- Con cherche verge pour opiner du chef à deux
- Con cherche geai pour envol sabbatique
- Le dernier des cons cherche bas pour mourir la tête haute
14:32
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17.08.2011
EN PELERINAGE
Il était un moinillon, sur le chemin de Compostel, avec pour seul bagage une espèce de missel.
Rien ne l’attendait, rien ne le guettait, sinon une solitude de rat mort.
A l’écart d’un troupeau de pèlerins fuyant sa tonsure comme une auréole de Lucifer, il se récitait des psaumes étranges et balbutiait quelques cantiques aux oiseaux.
De temps à autre, un des marcheurs pénitents se retournait tout en ricanant de son allure au croupion tortilleur. Car il dansait, l’énergumène ! Du moins, il sautillait, comme en danseuse hémorroïdaire.
Nul ne savait pourquoi, mais quand une rafale de gaz intempestifs menaçait de le propulser à hauteur de la grappe pèlerine, il se réfrénait, prenant la position du lotus dans quelque talus de fortune, au mépris des fourmis rouges et coléoptères à fouineuses antennes.
A vrai dire, ce moinillon dans sa tunique safran n’avait rien de très catholique. Et son sourire éternellement béat en agaçait plus d’un.
C’est alors qu’au détour d’un sentier bien raide, une vioque en repentance d’adultères à répétition ralentit le pas, puis, se saisissant d'un couteau suisse, lui dit : « Tiens, si on se faisait une boîte de cassoulet froid ? C’est pas encore Carême, ma foi, mais j’ai toujours été en décalage horaire dans ma vie de bohème ! »
Le moinillon ne pipa mot, flairant des coups de langue râpeuse en perspective et des « je te tiens tu me tiens par la barbichette » en guise de préliminaires.
« T’es sourd ou quoi ? » , renchérit la vieille mal rasée mais plutôt rasoir,« ça rend sourd, c’est vrai, mais vaut mieux ça que se taper des p’tits bouddhas !».
Alors le tonsuré lui lâcha, d’un ton plein d’assurance : « Om mani padme om , salut à toi, ô joyau dans le lotus ! Ton cassoulet, tu peux te le carrer où je pense, et me laisser méditer en paix sur le vide existentiel ! Si j’accomplis ce chemin crucifictif en votre chrétienne compagnie, mais en retrait bien réel, ce n’est pas pour zieuter ton cul de nonnuche à distance en me privant de ses vapeurs si chattes et son fumet d’entre-deux tout en vœux pieux de zobédience, histoire de ne pas céder à la tentation de mains baladeuses au panier fleuri de bestioles à bon dieu peut-être, mais c’est pour vous soustraire à mes flatulences de vache normande qui m’ont déjà valu six renvois de communautés bouddhistes auparavant. Je me suis fait par ailleurs interdire moi-même de l’Internationale des Temples pour ne plus replonger dans ce plaisir coupable d’engazer les lévitateurs en herbe et, à la longue, en gerbe. Alors on m’a conseillé Saint-Jacques et ses coquilles, où, en compote je finirai mon existence de mollusque mal réincarné.»
La vieille se tira trois poils, et en conclut dans sa barbe : « Je vais me farcir ce moine à la première occase avec mon couteau. De toutes façons, il ne se dit pas chrétien, le péché sera donc moindre. Et une marche aussi chiante et crevante en vaut bien la récompense. A l’arrivée, Dieu m’absoudra ! »

15:19
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16.07.2011
CHANSON SANS REFRAIN
Les cheveux De Rebella,
Nocturne cascade à rêves
Où tremblants, mes jeux de doigts,
Trahissent un vide où je crève.
Les cheveux de Rebella,
Claque au vent d'hiver-j'expire,
Dont le charbon par gros froid
Me tisonne au temps d’écrire.
Les cheveux de Rebella,
Miroir ondule idéal,
Mouroir adulé parfois
Par le sage en bacchanale.
Les cheveux de Rebella,
Ça tombe en rideaux de pluie
Sur ma page où le blanc cas-
sé se casse en Lotusie.
Les cheveux de Rebella,
Mon encre aura la couleur
D'un éclat chinois sans loi,
L’anarchignon de mon cœur !

12:09
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15.07.2011
Moi et mes frères à la trompe mutilée
Mon frère Alexandre-Philippe, à la trompe mutilée, me dit un jour: «Vois ce monde, comme il est paisible et beau. Ecoute le gazouillis des oiseaux, enivre-toi de musique et goûte aux plaisirs simples de la vie; sème à tous vents tes petits grains de poésie, cueille l’amour et sa rosée printanière, ouvre grand tes papilles aux fragrances et saveurs de notre petit paradis. Mais de grâce, arrête cet insupportable tic: à force de te tirer sur la trompe, tu vas finir par marcher dessus ! Tu as certes une mémoire d’éléphant, mais pas le calibre. Tiens-toi donc plus tranquille avec ton mètre soixante-huit de silhouette androïde ! Reste à l'ombre en ce parc fleuri et surtout n’en sors jamais. Car ne l’oublie pas: tu fais partie d’un millier d’élus xénosilutiens dont la planète a implosé peu après votre exode. Nous t’avons adopté sur cette Terre et dans notre famille par bonté pure. Nous te considérons désormais comme un membre à part entière.»
Mon frère Raoul renchérit: «Mais pour ceux qui vivent au-delà du grillage, t’es rien, tu vaux que dalle, tous des xénophobes qui peuvent pas blairer les spécimens de ton espèce à la mords-moi-l’neurasthénique ; alors fais pas chier et ne fiche pas la honte à toute ta famille, Elephantman, sinon on t’emmène à la foire et pas en tant que spectateur, ça nous mettra dans les épinards du beurre.»
Depuis lors, je vis cloîtré entre la grisaille d'une aide-soignante acariâtre, un ciel barbant à la longue et des arbres en carré pour seuls horizons. Avec ma mère adoptive et mes frères à la trompe mutilée qui me rendent visite une ou deux fois par an, histoire de se fendre la poire en me filmant pour un machin qu’on appelle Youtube.

11:32
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11.07.2011
DANS UN MAGASIN DU CAIRE
Dialogue entre deux statues en vitrine: Toutankhamon et Néfertiti

T: Ecoute...moi, tous ces mecs qui font du lèche-vitrine, ça m'énerve ! Ma tête à couper qu'ils ne viennent que pour toi et ton profil dénudé. Ca les fait saliver tous ces vicelards !
N: Ce que tu peux être bête parfois, avec ta tronche aussi figée qu'une chanteuse coulée dans le botox ! Ta jalousie te jouera des tours. Si j'étais si appétissante, ça fait déjà longtemps qu'on m'aurait achetée.
T: Tu n'as rien pigé ! Toi, tu es la statue témoin. Ce sont tes doublures qu'on achète, et elles sont stockées dans l'arrière-boutique.
N: Quooiii, on a osé me cloner??
T: Tu te croyais unique, hein? Et bien non ! L'erreur est statuesque, comme aurait pu le dire César le compresseur pour ciné-stars. Tu n'es toi-même qu'une réplique aussi, mais je t'aime.
N: Et toi?
T: Moi idem: je sors d'un moule à statues; on est tous deux de fabrication industrielle.
N: Ca alors, tu m'en bouches une brèche ! Il faut en finir. J'ai envie de mourir enfin... mais ne peux point. je voudrais me briser en mille morceaux, au moins ceux-ci seraient-ils originaux !
T: Tu n'as qu'à prier pour qu'une grenade nous tombe dessus: on n'est pas loin de la guerre civile, paraît-il !
N: Ne parle pas de bonheur, je vais encore déchanter si rien n'arrive...
T: Et bien ferme-la en attendant, ça me fera des vacances !

12:13
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05.07.2011
L'OISEAU-LYRE ET LE PIERROT
Un pierrot lunaire au soleil se les gelait dans le plus simple appareil, quand, soudain, un oiseau-lyre à plumes hirsutes vint le décoiffer, battant de l'aile en catastrophe et gazouillant des apostrophes.
Le pierrot, rare oiseau qui plie aux vents mais ne rompt pas la conversation, s'enquit des couacs de l'oiseau-lyre et lui proposa de l'accorder, moyennant une plume trempée dans l'azur pour se bleuter le coeur.
L'oiseau des îles ôta de son panache un bébé plume et le tendit au pierrot, peu désireux toutefois de se faire un mini-bleu.
"Que ferais-je avec cette minable plumette, espèce d'oiseau clown triste !", dit le pierrot. "Le bleu que je veux doit en mettre plein la vue à l'oeil lunaire de la nuit cyclope et ses paillettes étoilées ! Prête-moi ta plume la plus auguste et je t'accorderai la lyre !"
C'est alors qu'il arracha la plume du contre-ut, réduisant l'oiseau-lyre à un oiseau tout court, car sans la plume en question, l'instrument se volatilise.
Complètement délyré, l'oiseau des îles fondit sur le sexe du pierrot pour lui picorer les graines orphelines; mais ce dernier, plus réflexif que réfléchi, eut la présence éclair de placer la plume comme en bouclier, croyant parer les coups castrateurs du bec en folie.
Ainsi fut inventé le parabec, dont aucune autre trace ne subsiste dans l'histoire du monde, ses oiseaux des îles et ses asiles.

13:59
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18.11.2010
FLEUR DE MUSE A L'AIGRI VAIN

Son corps est canon
Pointé vers une ombre,
Pont-le-vice à con-
Teur de fables en nombre.
Les yeux en lance-pierres
Précieuses, elle a tout
Pour conférer fière
Allure aux bouche-trous.
Son souffle m’invite
Au coquin régal
De lèvres où m’habite
En fleur son aval.
Sa nudité d’Eve
Ensoleille la mine,
Plume à l’encre-sève
Aux herbes aussi fines.
Ses flammes aux bras nus
Ondoient sur l’eau vive
De mon temps perdu
En ses cuisses-ogives.
Ses appels de phare
A paupières mi-closes
Me laissent tout hagard,
A quai où j’implose.
Et l’antre-gouttière
Estompe à son tour
Mon feu sans prières,
Sans clichés d’Amour !

13:20
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09.11.2010
CONTACT
Un film à mou rire debout et se faire chier dur, telle était ta vie, pauvre fleur aux corolles éclatées depuis vingt tiges de déconvenues affectives et laxatives.
A l’abandon de sang neuf en quelque terrain vague aux relents de kermesse funèbre, tu flétrissais loin des cueilleurs sans scrupules et des vilains crapauds, sombres crapules.
Il t’arrivait de fondre en larmes, qui se confondaient à la rosée d’un matin mi-flingue mi-raison.
Pour ne pas te souvenuire et gâcher ton climat de brume foraine, un faux soleil d’hier t’écrivait, comme en quête de repentir : « oublie-moi bientôt s’il te pluie, chasse-manège tous mes cristaux clinquants de poésie » . Mais tu restais de marbre, pauvre fleur épousant le Pierrot tombal de tes rêves lunaires sur le carreau .
Par un hasard-lève-toi-et-marche-à-l’aventure, je croisai ton immobile errance et vis mon spleen poétique à cata-strophes se cristalliser dans tes pétales un peu délavés.
Pétales qu’il suffirait d’arroser d’amour et d’odes fraîches pour en retrouver les chatoyances de jadis.
Tu me répondis du trac au trac en quatrains d’abord timides puis, effleurant la perfection divine, me permis à mon tour de m’épancher en jeux-thèmes à mûrir debout. Osmose. Emulation. Transe en danse du verbe et transfiguration.
Depuis lors, tu as plaqué d’or fin la vase évasive en pieds de valse à mille printemps, vase avec un L de papillon, fleur volante et musicolore.

15:23
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14.10.2010
PSYCHE

Neutre miroir tel est mon prochain ;
Je m’y poudre en fumée la mèche
Et je n’allume ô n’allume rien,
Son cuir un peu poulpeux m’empêche.
Cuir écervelé, couenne à cratères,
Il guette en moi reflets de lune
Et lumière éteinte, il me faut taire
Un soleil pleuré sans rancune.
Ainsi dans l’obscurité si nue
Pour qui chérit les apparences,
Un doute en émoi-même insinue
Son philtre à frileuses espérances :
Poisson love à la station d’avril
Où mon train-train file et découvre
Un millier de clones au passage, il
Faut que j’allume un coin de Louvres
A moi, les autoportraits blafards,
Je les fixe en croix dans l’espace
Etriqué de ma piaule et le noir
Se casse en blanc d’aveugle classe !
Je voudrais te fracasser ma gueule,
Miroir informel et sans teint,
Mais tu me suis, blême ombre linceul,
Vers le palais des glaces au loin.

16:42
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29.09.2010
CHEZ LES FRERES MARISTES
L’école avait l’épreuve au long cours,
Des bibles-fleuves à nous assommer
De classique emphase et règles pour
Nous asphyxier le souffle en apnée.
L’école avait du leurre à sonner,
Des cloches aussi pour l’ado sorcier
Qui, fleur idyllique entre les dents,
Se buissonnait, stylo-feutre ardent.
L’école avait ses tables de loi
Gravées par des Moïses en réverb’,
Et ses lugubres fables de croix
Plantées dans la mouise ourlée de gerbe.
L’école avait l’accent très pointu
Sur la délation qui rien ne sauve,
L’école avait d’autres attributs
Pour assujétir en quelqu’ alcôve.
L’école avait ses chatouilleurs,
Ses gras caresseurs d’épithètes,
L’école et ses chanoines en pleurs
D’extase au clou des blondes têtes.

12:20
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23.09.2010
UNE GITANE
Je dis bohème,
Et c’est un léger parfum cannelle,
Une pincée de jument sans selle,
Guitare andalouse à débrider,
La sensible corde à liberté…
Je dis danse et aime,
Et c’est la fleur sarabande
Aux quatre vents qui l’essaiment,
Un levain de contrebande
Qui m’appâte à mi-carême…
Je dis ton nom Sarah,
Et c’est une eau vive en cascade,
Ivre crinière, aurore à boire
Ondoyant lueurs en prémices,
Un soleil nu qui danse aussi...
Je dis aurore,
Vous n’y voyez que dalle,
Et c’est pavé de rêves
A larguer mes amarres,
Un pavot nénuphar
Dans la mare aux clonards,
La pavane infante à mon crépuscule oubli .

12:50
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20.09.2010
LIBRE CREATION
Il y a des poèmes à vivre qu'on n'explique pas,
Comme des cristaux satinés, des vers à soie,
Tremblants sous les faisceaux drus de la raison,
Il y a des trésors en ces poèmes-cocons.
Il y a des trésors impalpables et sublimes
Aux cannabyssales impulsions de l'âme,
En vers fumés qui de prime abord ne riment
A rien de vif aux lucidités de lame.
Il y a des vides armures, brise-âmes en carrés,
N'estimant bien que les coquilles nettes et claires,
Et quand dans une ode à contre-lune inversée,
Ils ne voient que dalle alors je me décratère.
Il y a des pavés zébrés d'azur à gagner
Dans le flou verbal de libres mosaïques,
Et des rêves au soleil empapillonnés
De toute union volatile et sans logique.

12:57
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16.09.2010
CAFE D'UN MATIN MUSICAL

Un ciel grisé se déshabille,
Envoie valser ses blancs nuages;
Un cumulus il sème ainsi
Dans mon café d'âme à l'orage.
La cuillère en danseuse avec
Mes doigts de gracile indolence,
Reflète en son argent le nec
Plus ultra de simples espérances.
Les cristaux de sucre s'écrasent
Comme un voeu de printemps solaire
Au foyer crépitant ses phrases
Emmitouflées de blanc mystère.
Ca brûle au bord, je bois la tasse
En soufflant quelques cantilènes,
En larguant le nord à la brasse,
Lèvres expirant nuits porcelaine.
Me noyant seul en ce silence
Entrelacé de glacé crème,
Il me tient l’arôme et les sens
En cascades orientales essaiment.
Modulations d’arabical
Alcaloïde au spleen qui vibre,
Vers un paradis de spirales
Où la fumée danse en roue libre.

15:01
Écrit par EDOUARD
dans Amour, Général |
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10.06.2010
CHATS RADIOACTIFS
Lundi 23h 59
Ça ne miaule pas dans mon pigeonnier délabré, mais ça grouille de chats citron d’un froid nucléaire et muet. Phosphorescences à moustaches aux fréquences radioactives émettant le mystère. Statues vivantes mi-figures géométriques mi-oraisons jaculatoires.
Ces formes émaciées d’un jaune acide me rappellent à la mort présumée de ma raison l’été dernier, quand les tournesols aux sourds pétales et les soleils derviches ont détourné mes saines et lucides confluences, mes neurotransmissions naguère si fluides. Or donc, en cette masure aux antipodes de tout azur et sans fenêtres d’espoir tangible de vie en échappées belles, je fixe, par-dessus deux félidés attablés, mon ombre d’épouse sur laquelle a déteint le décor en camaïeu de poussière grise. Murs et meubles en fondu figé confèrent à mon esprit l’odeur d’un présent funèbre. Mais je reste impassible, et la raideur de ma posture ajoute au climat glauque. Tout ça me fait une belle jambe à vrai dire.. ma femme peut bien crever, disparaître dans les boyaux des chats faméliques ! Machinalement, comme pour donner plus de poids à mes pensées bancales, je porte les yeux charbonneux vers ma jambe droite et me rends compte qu’elle n’est plus là. Comment vous expliquer ? Je ne l’ai pourtant pas laissée au vestiaire de la raison, ni au mont-de-vénus de quelque mère supérieure en veine de piété païenne ! Et elle n’était pas de bois. Pas d’un bois dont on taille les pipeaux du simulacre et de la folie mythomane en tout cas ! Je crois me souvenir : elle a volé en éclats de rire quand ma femme, après un baiser volé à son cul, perdit pied en faisant mine de prendre une jambe à son cou pour se confectionner une écharpe d’hiver frigide. En osmose avec moi, elle a alors broyé tibia, fibula, fémur et autres os de sa cagneuse velue pour faciliter les choses. Et maintenant je la regarde, en équilibre tel un héron de foire aux monstres, qui avance immobile vers le vide-ordures….un suicide est annoncé ! Au fond, rien de dramatique derrière tout ça, et pourtant… Mardi 6h50 Un corps de femme unijambiste fut retrouvé parmi les immondices, une veuve habitant seule un pavillon de luxe. Illustration ci-dessus : Skoglund, radioactive cats

15:18
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01.06.2010
VISION

Nous aurons paniers percés de fleurs sonnantes au nord trébuchant, latin de cuisine à revendre, pieds à perdre en alexandrins d’apéritif.
Des étoiles filant droit vers nos mers subconscientes brilleront de mille coraux sur nos vers cuivrés de bonheur simple.
Des vents contraires aux sciences exactes porteront nos esprits fougères à l’ouest, esprits délavés qui s’inclinent au centre urbain de boue, puis loin des solitudes acides et pierreuses aux biotopes de convenance, la saine folie nous grandira.
Le spleen universel grimpera les arcs-en-ciel pour y cueillir le vert j’espère et d’autres couleurs inédites.
Nus sous la pluie pour nous purifier de ses gouttelettes, nous ferons des claquettes avec nos pointillés de silence.
Le soir, nos fenêtres accueilleront l’astre lunaire à bras ouverts de classieux châssis, à contre-nuit des vieux spectres aussi.
Et nous profiterons des éclipses totales pour cultiver le mystère en nos serres privées.
Rêve et réalité se confondront sur l’ex-banquise à cons frigides, en fins cristaux de communion jouissive.
Avec un soleil de luxe au rayon surgelé de nos carrefours existentiels.
Et l’amour du lointain n’aura pas de prix, et l’après mor-fonte aura raison des prisons célestes en toc toc toc entrez dans le bleu …bonheur illusoire , c’est chiant l’azur uni !
Alors nous soufflerons des nuages en nos cafés quotidiens de sonnets colombins, dédiant pépites aussi bien qu’étrons de poésie à la muse Flamme avec ou sans L pour se brûler, l’espace de quelques secondes éternelles au huitième ciel où nous entreverrons Dieu pour l’oublier ensuite.
En cette mort petite aux fleurs qui sonnent, à ne pas nier le cœur percé de part en part, nous perdrons pied total pour mieux le prendre !

13:46
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17.05.2010
MICHELINE
La micheline suivait son petit bonhomme de chemin, quand, les yeux dans le vide autour de moi, je priai le dieu des coups de foudre ferroviaires. Non pour dérailler davantage dans la morfonte des glaces d'une vie polaire comme un ours, mais pour trouver ma parallèle, et les chemins étincelants des traverses qui nous relieraient.
J'avais la tête dans les nues, mon imaginaire en hyperventilation déshabillait des elfes improbables.
Soudain, une voix grave et sèche me trompa de ma rêverie: "Ticket SVP". D'un geste mécanique, j'extirpai de mon portefeuilles d'automne un aller simple pour Arlon, ville terne aux fruits secs de la passion , ville monosaisonnière et sans bourgeons de coquelicoquines en perspective .
Le contrôleur me lança: "Vous êtes en première, monsieur. Veuillez changer de compartiment.."!
Impassible, je m'exécutai pour me retrouver moins peinard au milieu de pochtrons semi-comateux, et de gratte-papelards pouilleux de la gueule par déformation professionnelle. Pour couronner le trou, une voix dans les suraigus me souleva la tonsure en auréole de saint martyr : assise avec des écouteurs aux pavillons, une écervelée en quarantaine imitait tant laid que mal je ne sais quelle greluche des seventies ringardes: Michèle Torr, Mireille Mathieu, Dalida, Sheila, Vartan, Patrick Juvet...allez savoir: elle n'avait pas l'absolution du dieu Pan. A bout de nerfs, je me levai d'un bond, lui secouai les branchies et lui chiantai à tue-tête "Les Petits Boudins" de Gainsbourg, dans l'espoir que de sirène ratée, elle se mue en carpe et la ferme. Mais voilà qu'elle se mit à hurler comme une truie SM sous le fouette-groin, ce qui alerta le chef de gare pourtant aux prises avec une black au mascara musqué. Allait-il me passer un savon, m'infliger une amende verte de colère, ou me virer à coups de pompes au croupion? Je m'attendais à tout, prêt à la contre-attaque.
C'est alors que je reconnus mon vieil ami Georges, ancien co-choriste à "Frites en Portées", ou plutôt cocoricoriste égaré, car il était vantard, menteur et français, et moi pas à un pléonasme près. Ce pisse-vinasse aux oreilles et à la verge en vénérables choux-fleurs, se targuait d'avoir redressé Michèle et ses torts, arraché la perruque à Mireille qui n'avait en réalité plus qu'un cheveu sur la tête à Mathieu, lors d'un festival kitsch où, ivre de folie comme toute l'Allemagne envahissant la Pologne, il était monté nu sur scène en singeant un babouin rocker sous ecstasy. Georges, qui vouait aux gémonies les guimièvreries franchouillardes, parvint à calmer l'homosapiensoïde femelle en plongeant un regard pro-metteur dans son décolleté.
Je rangeai le colt assassin du mien, pour me retrouver au terminus les nerfs dépelotés, mais seul comme une semaine de six jours, comme un Robinson sans

15:22
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BARBU NOUVEAU-NE
I

Je suis le barbu nouveau-né,
Fruit défendu de tes entrailles...
Entre I and you l'amour malgré
Que mon tailleur est sur la paille.
Loin des bourges on file à l'anglaise,
Et pas pour Venise ou Le Caire...
Qu'il me fait bon goûter la fraise
En ton sous-bois sans urticaire.
Tu me chiqui-tâtes, je sépare
Des peaux lisses en ondes de choc;
Ta pêche aux défaillances rares
Est régal et ton coeur mastoc.
Les pommettes aussi je savoure,
Tel un Newton après la chute;
J'ai découvert enfin ce pour-
quoi l'on s'attire et sans lutte,
Sans chataîgne verbale ou non...
Ta pulpe d'âme est mon salut;
Chercher noise ailleurs à quoi bon?
Sous ta pelure un coup de jus...
Mes doigts de gaffeur à la pelle
Ont le pouvoir d'électriser
Ce cul trop gnonmi, tes prunelles
De chatte inversent mes pensées.
II
Tel un silence après le "chut ",
On s'impose au laid milieu
Des coeurs ambitieux qui chahutent,
Notre silence est plus fort qu'eux...
Ou tel Guillaume avec son arc,
On se fend la pomme à tous vents;
Qu'il fait doux te mener en barque
Au clair de lune hallucinant
De nos soirées transcoïtales,
Blabla bidon tu te bidonnes,
Et puis sur les coussins t'affales...
A mi-parcours nos coeurs bourgeonnent.
La vie est trop courte bien sûr,
Avec toi quel accéléré...
Si tu me trouves une autre allure,
Je veux m'essouffler à tes pieds.
Tel un bon génie sans sa lampe,
J'aurais l'air d'un spectre égaré
Sans tes yeux, ces feux de ma rampe,
J'en serais fou presqu'à lier.

15:19
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01.05.2010
SPLEEN

Un jour où le brouillard avait gommé le ciel, de bien tristes mines de crayons se taillaient à l’horizon voiles et vapeurs. Les press-books et les bics n’avaient pas la veine ludique et ne se lançaient plus des « je te tiens tu me tiens par la barbichette » aux heures creuses. Les stylos moins timorés déversaient leur sombre réservoir en style bas d’encre marinée dans le spleen bon marché. Les bubble-gommes s’étalaient en zéros soufflés par les soupirs internautes, puis crevaient à la surface de l’écran total glamour sous de faux soleils piquetant d’or plaqué le monde et ses virtuels flonflons, à la pointe du rayon. Et des anges en points de suspension passaient leur blancheur Typex au pinceau de silence pour les cons.

15:10
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A DES PETITS COQS CHEFS

De bois j'avais souvent la gueule,
Mais pas la langue et ça fait tache!
Auprès d'un tas de fumiers, seul,
J'ai picoré trop de mots lâches.
Pour les coqs en chorale aux grains
De laideur maquillés de pleurs,
J'étais fin prêt pour le sapin,
L'ultime et plus sobre demeure.
Coma de fausse alcoolémie,
J'ai dégusté jusqu'à plus faim
L'inachevée sympaphonie
D'un orchestre de chérubins.
Mais resc-happé in extremis
Par le train-train chirurgical,
J'ai bien envie de crier bis-
Touri deviens mon crève-chorale...
Que je décoche à poumons pleins
Mes pointillés d'orgue céleste
En voix plus pointue qu'un fusain
Pour dé-crêter les immodestes!


15:05
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21.04.2010
NAISSANCE MUSICALE
Pour moi ça baigne, et pas que dans le liquide amniotique. En boule il fait bon vivre aux crochets d’un cordon. Lentement je prends forme, un garçon semble-t-il.
Mais ne brusquons pas les choses de la vie, service trois pièces et bijoux de famille : profitons de ce préambule asexué de l’existence. Profitons des ondes bienveillantes me couvant de plumes euphoniques en piano de satin.
Ah quelle extase pré-natale, et ces balancements de plaisance, tel un yacht en Mer de Corail, me laissent présager d’un avenir aussi radieux qu’un soleil de pipelette en voix d’extinction, une vie à la fois trépidante et douce, un nid de pétillance en douillet champagne aux bulles irisées d’azur existentiel.
Le temps passe, l’ennui ne me gagne jamais. Pas de nord à perdre ni de latin : je me laisse guider sans autre langage que l’amour.
Tiens, des voix de sirènes quelque peu étouffées ! Un envoûtement qui m’aimante à l’eau vive ! Un diabolo menthe au loin se profile et tête en avant, je me propulse à l’air libre du vert j’espère.
Mais voilà, je me retrouve au milieu d’algues marines certes accueillantes , mais en queue de poisson déjà dépassé par les événements : je me croyais bébé génie du genre humain, futur expert en grisantes matières, et je ne suis que le petit de la truite de Schubert !
Il me reste alors à vagabonder dans l’indifférence générale, vagabonder dans la méli-mélomanie d’un monde rappeur à troués fromages et chats bottés de trop juste milieu, monde carrément technoïde et métalleux, sans trouées de démentiel bleu !

13:51
Écrit par EDOUARD
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07.04.2010
FLEURS PERSOS

Toi qui sais les fleurs
Et les bénis
En les chantant
Toi qui sais par coeur
Les fleurs d'esprit
Les fleurs des champs
Toi qui serres en pleurs
Le pissenlit
Des malvoyants
Leur sers un bonheur
En eau-de-vue
S'il fait crevant
Cercles de couleurs
Leurs yeux battus
Quand hurle vent
Voici mes fleurs:
Bleuets d'outremer
Pour les yeux gris
Des fleurs pépères,
Fleurs d'établis...
Iris en printemps
Soixante-huitard
Aux grincheux flans,
Fleurs de boudoir...
Audibles pensées
Sur papier flash
Aux fendus lâches,
Fleurs de WC...
Passeroses à mouchoir
Pour les yeux tristes
Des fleurs autistes,
Fleurs de parloir...
Clochette et pâquerette
Pour les yeux durs
Sourds aux mouettes,
Fleurs d'embrasure...
Lys entrelacés,
Dégelée royale,
A l'oeil chambré
En cave nuptiale...
Dalhias composés
Aux cristallines
Voix dévoilées,
Fleurs de vitrine...
Chant de corolle
Quand moi si sol,
Mirettes blafardes,
Fleurs de mansarde...
Strip coquelicoquin
Pour le youpin
de fantaisie,
Fleur de ma vie...
Reste telle quelle
En ce réduit
Qu'est mon esprit:
Une IMMORTELLE !

14:31
Écrit par EDOUARD
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